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Voilà une très mauvaise nouvelle pour l’économie
française, déjà mal en point, et pour nos libertés : les engagements
pris lors du Grenelle de l’environnement seront tenus et M. BORLOO veut
les « sanctuariser » dans la loi. Nicolas SARKOZY avait prévenu :
« Je ne trahirai ni l’esprit, ni la lettre du Grenelle de l’environnement ».
Il y aura d’ailleurs plusieurs lois : Grenelle I pour traduire le
« compromis » trouvé en octobre 2007 (47 articles, déjà prêts) ;
Grenelle II sur les modalités techniques (habitat, transports). Ces deux
textes seront présentés au Conseil des ministres fin mai pour être votés
en juillet. Et enfin Grenelle III, encore plus technique, pour compléter
ces textes à l’automne. Les différents collèges du Grenelle (ONG,
écologistes, patronat, syndicats, collectivités territoriales) ont eu
droit aux grandes lignes de ces projets, au cours d’un « comité du
suivi ». Il s’agit, selon ce texte, d’assurer la transition de la
France vers « une nouvelle économie compétitive, dont le nouveau
modèle de développement respecte l’environnement et allège les besoins
en énergie, en eau, et autres ressources naturelles ». Ni plus, ni
moins ! M. BORLOO a pris soin de préciser qu’il se battait « pied
à pied et ligne à ligne » pour que tous les engagements du Grenelle
s’y retrouvent. Mais déjà les amis de Nicolas HULOT dénoncent la résistance
de Matignon et de l’UMP qui « n’a pas fait sa révolution écologique ». Les Français ont une certaine sympathie
pour l’écologie. Ils aiment bien l’herbe verte, l’air pur et les petits
oiseaux. Fort bien, cela se comprend. Mais ont-ils mesuré quelle usine
à gaz on nous préparait ? Le texte reprend par exemple les engagements
sur le climat avec une réduction d’ici à 2020 de 20% des émissions de
gaz à effet de serre (par rapport à 1990), une amélioration de 20% de
l’efficacité énergétique et le passage à 20% d’énergie renouvelable dans
la consommation finale. Sait-on ce que cela va représenter comme contraintes ? De nouvelles normes énergétiques s’appliqueront
aux bâtiments neufs dès 2010 et la rénovation thermique de tous les bâtiments
existants devra avoir lieu d’ici 2020 pour permettre de réduire de 38%
au moins leur consommation d’énergie. Combien cela va-t-il coûter aux
propriétaires de logements anciens ? Le secteur des transports devra
baisser ses émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici à 2020. Comment ?
Par la priorité donnée aux transports collectifs et aux investissements
ferroviaires par rapport au routier et à l’aéroportuaire. Un pas de plus
vers la réduction de la liberté individuelle. A quand l’obligation de
prendre les transports en commun et l’interdiction de la voiture et des
poids lourds ? Ceux-ci devront d’ailleurs payer une taxe (écotaxe
bien sûr) kilométrique. Le Monde, qui rapporte ces informations
en avant-première, annonce aussi trois nouveaux parcs nationaux et dix
aires marines protégées. « Une trame verte et bleue permettant la
circulation des espèces animales et végétales sur le territoire sera constituée
et traduite dans les documents d’urbanisme ». Bientôt on prendra
davantage soin des animaux que des hommes. L’agriculture biologique couvrira
20% de la surface agricole utile en 2020. Au nom de la liberté d’entreprendre ?
La part des produits biologiques dans la restauration collective publique
atteindra 20% d’ici à 2012 ; cette fois au nom de la liberté du consommateur ? En dix ans, on réduira de moitié l’usage
des pesticides, grâce à des méthodes alternatives. Précision du Monde :
« Un plan d’urgence en faveur de la protection des abeilles sera
mis au point d’ici à 2009 ». Pourrait-on suggérer un plan d’urgence
de protection des libéraux, espèce manifestement en voie de disparition ? Nous voilà donc confrontés à la réalité
de la politique issue du Grenelle de l’environnement : des taxes,
des réglementations, des obligations, des pertes de libertés. Et ce n’est
pas fini. S’il y a des problèmes d’environnement,
au demeurant artificiellement grossis par la propagande verte, il n’y
a qu’à se tourner vers l’écologie de marché, puisque nous sommes en économie
de marché. Mais nos ayatollahs verts préfèrent l’écologie politique. Ils
n’aiment pas le marché, et ils adorent le pouvoir…quand ils y parviennent.
Le 14 mai 2008
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