« MARSEILLE SOUS LE JOUG DE LA CGT »


C’est notre confrère Valeurs Actuelles qui le dit, sous la plume de Jean-Michel VERNE, dans une enquête qui revient sur le long conflit syndical ruineux qui a touché il y a peu, comme c’est périodiquement le cas, le port de Marseille. La campagne électorale a un peu masqué cet épisode important et, un mois plus tard, Valeurs Actuelles éprouve le besoin d’approfondir le sujet.

Notons d’abord un paradoxe : la CGT reste totalement contrôlée par le parti communiste. Le syndicat n’est qu’une courroie de transmission du parti. Or le parti, ici comme ailleurs, est en pleine déconfiture : le parti communiste a fait 3% des voix dans les Bouches du Rhône (moins que Besancenot), alors que MARCHAIS y était arrivé en tête en 1981 ! Et les grandes villes dirigées encore par un maire communiste, comme Martigues, voient le PC se situer à 6% des voix ! Le PC est devenu, comme on a pu le dire, « un cadavre », mais le cadavre bouge encore et la CGT est aux ordres de ce cadavre : miracle du centralisme démocratique.

En tous cas, la CGT conserve sa capacité de nuisance et son monopole sur le port. C’est au point que Valeurs Actuelles parle d’un « port à renationaliser », non pas au sens étatique des nationalisations, mais pour dire que le port de Marseille est aujourd’hui entièrement « privatisé », détenu totalement par la CGT. « Le port de Marseille lui appartient, de fait ». « Il est grand temps de parler des syndicats voyous qui, pour conserver un monopole conquis par force ou intimidation, n’hésitent pas à mettre en péril l’économie d’une région, donc l’emploi de milliers d’autres salariés… ». « La CGT nous a tellement habitués à prendre les citoyens en otage qu’on finit par trouver naturel l’exercice quotidien de sa coercition ».

Valeurs Actuelles décrit également en détail la situation des salariés du port de Marseille, tels que les grutiers, qui gagnent avec les primes 4000 euros par mois pour un temps théorique de travail de 32,54 heures et pour un temps réel de 18 heures, dont douze de travail effectif ! Qui dit mieux ? La dernière grève, pour préserver ces avantages acquis (en réalité pour une dispute concernant cinq postes de travail sur le terminal gazier de Fos-sur-Mer), a duré 18 jours. L’addition se monte à 24 millions d’euros ! Sans compter le préjudice de l’industrie pétrochimique, ni celui du trafic conteneur.

Déjà la grève de 2005 avait fait perdre en quelques jours à de nombreuses entreprises tout le bénéfice de l’année. Comment être concurrentiel, investir et se développer dans ces conditions ? Et cette fois-ci encore, l’Etat a cédé à la CGT, en raison de l’approche des élections. Même le très prudent Jean-Claude GAUDIN, qui en général veut être ami avec tout le monde, a déploré « qu’un syndicat archaïque puisse imposer sa dictature durant dix-huit jours ». C’est tout l’avenir du Port autonome de Marseille qui est en jeu.

Valeurs Actuelles dénonce aussi les combines, tel ce conteneur chargé de télévisions haut de gamme qui a disparu, tandis que toutes les copies vidéo de la scène disparaissaient aussi vite, même celles déposées au greffe du tribunal ! Il paraît que l’on aurait pu reconnaître certains visages… Ne parlons pas des incendies criminels dans les sociétés peu coopératives. Pendant ce temps, les autres ports, comme Barcelone et Gênes, récupèrent les clients qui fuient Marseille. Quand le trafic de Marseille est multiplié par deux, celui des autres ports l’a été par six ! Et personne n’ose demander pourquoi les porte-conteneurs enregistrent un taux de rendement de 320 mouvements par heure à Hong-Kong et de 50 à Marseille !

Mais le monde change, même à Marseille. Un nouveau terminal à Fos en 2009 sera entièrement privatisé, ce dont la CGT ne veut pas. La mondialisation, encore elle, rend les ports bénéficiaires du dynamisme du commerce international : Marseille devra s’adapter ou périr. Et selon les professionnels interrogés par notre confrère « une privatisation totale du Port de Marseille serait la seule solution pour se libérer du carcan de la CGT ». Ce serait une œuvre de salubrité publique. Oui, il faut libérer Marseille du joug de la CGT, qui ne représente plus rien en dehors de sa capacité de nuisance.

Le 16 mai 2007

 

 

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