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BOLKESTEIN : UNE EUROPE SUBSIDIAIRE ET OUVERTE
Pour apporter un peu d’air frais en cette
fin de campagne, il n’y a pas que les chefs d’entreprises. Nous proposons également
à nos lecteurs des extraits de l’intervention de l’ex-commissaire européen, Frits
BOLKESTIEN, qui vient de s’exprimer au club des Guides de Bruxelles, à l’invitation
de l’Institut HAYEK, de l’Institut TURGOT (Bruxelles) et du Ludwig VON MISES Institute
(Europe). Extraits du compte rendu : « Beaucoup sont désenchantés parce
que l’Union européenne a été survendue. En effet, elle n’est pas et ne peut pas
être la réponse à tous leurs problèmes : la délinquance, le fléau de la drogue,
leur salaire, les services hospitaliers et la qualité de l’éducation ». Cela
ne se traite pas à Bruxelles. « La Politique Agricole Commune (PAC) et les
Fonds de développement régional ne respectent pas cette règle. Il faut les réformer
d’urgence. Pourquoi les citoyens allemands devraient-ils payer pour la préservation
du paysage en France ? Qu’est-ce qui fait croire aux bureaucrates de Bruxelles
qu’ils sont de meilleurs juges de la politique régionale française que leurs collègues
de Paris ? ». Bref, il faut respecter « le principe de subsidiarité ». « Il
existe des propositions pour intervenir sur le bon fonctionnement de l’énergie
dans les immeubles, le surendettement des consommateurs, les accidents domestiques,
la teneur en graisse des aliments, le harcèlement sexuel, le temps de travail…
Or ce sont des domaines où l’UE ne devrait pas s’impliquer ». « Mais la tendance des institutions
est de multiplier sans cesse les propositions. Le parlement européen voudrait
que l’UE s’occupe de tout. La Commission a l’instinct bureaucratique normal :
plus de tâches, cela veut dire plus d’emplois et plus d’argent… L’erreur la plus
fréquente est de croire que si une cause est noble, il faudrait que Bruxelles
s’en charge ». Il y a cependant un domaine dans lequel
l’intervention de Bruxelles est justifiée : pour faire sauter les obstacles
bureaucratiques à la libéralisation du marché des services. « Bien qu’à l’heure
actuelle les services constituent 70% de nos activités, il n’y en a que 20% qui
sont des échanges transfrontaliers au sein de l’Union européenne. Ceci est dû
au fait que les marchés des services dans la zone euro sont encore largement segmentés,
pays par pays. L’intégration des marchés des services n’est vraiment nulle part,
si on la compare à celle réalisée pour les marchés des biens ». Et d’ajouter : « L’inventivité
des bureaucraties nationales est manifestement inépuisable ». D’où la fameuse
directive BOLKESTEIN, qui visait à régler certains de ces obstacles bureaucratiques.
Cette directive s’est heurtée à l’opposition de pays comme la France, en dépit
de son caractère très mesuré et limité. Et son auteur de souligner qu’il « y
a peu de chance de voir un tsunami de plombiers polonais arriver en France de
leur propre initiative pour y faire un travail légal ». « Au niveau politique, la proposition
de directive est devenue le moyen utilisé par les syndicats et certains partis
politiques pour combattre le gouvernement. Malheureusement, le Président Jacques
CHIRAC a estimé utile de prendre le parti des opposants, bien que son pays
soit un gros exportateur de services (…). Au niveau national, l’opposition en
France trahit les craintes françaises vis-à-vis de la globalisation et de la concurrence
en général. « Un marché unique pour les services promet pourtant de créer des millions d’emplois. La directive ne crée aucun droit qui n’existe déjà : la liberté de vendre des services à travers l’Europe est l’une des libertés fondamentales contenues dans le Traité de Rome, mais cette liberté est entravée par de nombreuses bureaucraties. Par conséquent, la directive est destinée à se heurter à des obstacles mesquins et difficiles ». Certains pensaient que la directive allait détruire le modèle social européen : « Que peut bien avoir de social un modèle économique qui produit 12% de chômage en Allemagne et 10% en France ? ». « Il est certain que les chômeurs français préféreraient un petit travail à pas de travail du tout », ce qui n’empêche pas CHIRAC de « ricaner » pour dénigrer la création d’emplois en Grande-Bretagne. Bref, « les vrais héritiers de la révolution capitaliste vivent aujourd’hui en Asie. Nous devons faire face à ce défi. Le corporatisme n’est pas une réponse. Le nationalisme n’est pas une réponse. Le protectionnisme n’est pas une réponse. La vieille Europe existe, elle se cramponne désespérément à une pensée économique obsolète ». Le 2 mai 2007
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