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On se souvient du scandale causé par la Commission des droits de l’homme de l’ONU, qui accueillait en son sein tous les régimes totalitaires, de façon à les protéger de toute condamnation. La Libye avait même présidé cette Commission. Le secrétaire général de l’ONU avait promis une réforme radicale, et la Commission avait été dissoute pour être remplacée par un Conseil des droits de l’homme : rien à voir avec la précédente Commission ! Pour accéder au nouveau Conseil le système électoral avait été modifié : les pays membres du Conseil seraient désormais désignés par un vote à la majorité de l’assemblée générale. Le résultat laisse perplexe. Au premier tour de scrutin étaient élues de grandes « démocraties » respectueuses des droits fondamentaux, comme la Chine, Cuba ou l’Arabie Saoudite. Quelques tours plus tard devaient les rejoindre le Pakistan, la Tunisie, la Russie (élue en tête des Européens de l’Est !), l’Azerbaïdjan ou l’Algérie, autres paradis des droits de l’homme. Certains pays ont eu la décence de ne pas se présenter : le Zimbabwe, le Soudan, la Corée du Nord ou la Biélorussie. D’autres ont heureusement été battus, comme l’Iran et le Venezuela. De grandes démocraties, comme l’Angleterre, la France ou l’Allemagne, où comme le Canada et la Suisse, ont été élues. Amnesty international, tout en émettant des réserves, a salué « un nouveau départ pour les droits de l’homme ». Plus réaliste, l’organisation U.N. Watch a estimé à 49% la proportion d’Etats non démocratiques représentés dans le Conseil ! Pour sa part, Reporters sans frontières a fait observer que « dix pays qui violent massivement les droits des journalistes et la liberté d’expression ont été choisis pour garantir la protection des droits de l’homme dans le monde : c’est scandaleux et laisse présager le pire ». Quant à Ileana ROS-LEHTINEN, membre républicain de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants à Washington, elle a dit que tout cela relevait « de la farce », en raison d’une sélection irresponsable des pays. Il faut croire que la réforme accompagnant la création du Conseil avait été mal conçue. Mais au départ bien peu nombreux avaient été les pays à marquer leur scepticisme : 4 seulement avaient voté contre cette création du Conseil (et 3 abstentions, tandis que 170 étaient pour), dont Israël et les Etats-Unis. D’ailleurs ce dernier pays a renoncé à se présenter pour rester cohérent avec son vote précédent. Il semble bien que l’histoire leur ait donné raison : à quelques exceptions près, on a pris les mêmes et on a recommencé. Reste à voir comment va se comporter ce Conseil, face aux cas concrets de violation des droits de l’homme. On peut raisonnablement être sceptiques. Car les dictatures du sud, en particulier, considèrent que la notion de droits de l’homme n’est pas universelle et que les démocraties ont une conception particulière, une conception avec des critères « du Nord ». C’est un non-sens, puisque par définition les droits fondamentaux de la personne humaine sont universels.
Le 18 Mai 2006
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