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En effet, il ressort des chiffres communiqués par le comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE, qui se réjouit de cette situation, que l’aide publique au développement a progressé de 3,9% en 2003, après avoir déjà augmenté de 7% en 2002. Or l’aide publique du CAD représente 95% de l’aide publique mondiale au développement. Elle s’élève à 68,5 milliards de dollars en 2003.
Notons d’ailleurs que sur cet ensemble, les Etats-Unis, à eux seuls, versent presque le quart (près de 16 milliards), ce qui représente peu de chose en valeur relative (0,1% du PIB), mais ce qui en fait le premier donateur mondial en valeur absolue loin devant le Japon (un peu moins de 9 milliards). La France est à 7,34 milliards, soit 0,4% de son PIB. (L’objectif fixé par l’ONU est de 0,7% et la France s’engage à y arriver en 2012). En pourcentage, c’est la Norvège qui donne le plus (0,9%).
Mais doit-on se réjouir de cette progression ? Faut-il, comme l’ont proposé les Britanniques, doubler cette aide publique d’ici à 2015 ? Le plan fixant les objectifs du millénaire pour le développement, émanant des Nations Unies, va dans cette direction. Les objectifs sont ambitieux et envisagent une réduction de moitié de la population vivant dans la pauvreté, une diminution de la mortalité maternelle et infantile et le fait de donner à tous les enfants un accès à l’éducation. Qui n’y souscrirait ?
Le problème, c’est que les faits, comme la théorie économique, montrent que l’aide publique ne permet en rien le développement. Elle est d’ailleurs systématiquement gaspillée et détournée de son but par les élites politiques locales, qu’elle contribue à enrichir, sans effets pour la population.
Le CAD reconnaît d’ailleurs qu’un des obstacles à la lutte contre la pauvreté est constitué par l’absence de sécurité et d’état de droit (sécurité physique, avec les guerres et affrontements ; sécurité des biens et des personnes ; sécurité juridique) : on voit mal en quoi l’aide publique peut aider à résoudre ces problèmes.
Le développement, une fois l’état de droit restauré, passe nécessairement par la promotion du capital humain, par l’éducation, par des réformes de structure encourageant les entrepreneurs à se manifester et à agir, par l’ouverture au commerce international et aux investisseurs étrangers. Les indices de liberté, que nous commentons chaque année, montrent que ce dont ces pays ont besoin, ce n’est pas de plus d’Etat, mais de moins d’Etat, alors que l’aide publique accentue l’emprise étatique. C’est d’ailleurs ce qui se passe partout où les pays se développent, comme en Asie du Sud-est : non par plus d’Etat, ni par plus d’aides publiques, mais par plus de liberté.
D’ailleurs, le rapport de la Banque mondiale publié le lendemain de celui de l’OCDE confirme cette loi économique. La Banque mondiale évoque d’ailleurs une évolution rassurante aux côtés de l’aide publique, l’aide privée est désormais beaucoup plus importante et les flux de capitaux privés représentent plus de 200 milliards de dollars. On constate par exemple que là où les privatisations se sont développées, les capitaux privés ont afflué, sous forme d’investissements directs ; ce n’est pas le cas des pays qui restent avec un secteur public pléthorique.
L’aide publique au développement est dans une impasse ; les pays riches n’en n’ont pas les moyens ; et elle ne sert à rien, sinon à entretenir une mentalité d’assistance et la corruption dans les pays aidés. Mais quelques beaux esprits continuent à préférer l’aide au commerce : « Aid, not trade ».
Le 5 mai 2004
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