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Les services de Matignon envoient cette semaine aux ministres les fameuses lettres de cadrage budgétaire, qui donnent les grandes lignes du budget pour 2004. Cette politique budgétaire a souvent été présentée comme révolutionnaire, alors qu’elle n’est qu’une simple correction, insuffisante, de trajectoire. La première révolution concerne la progression des dépenses publiques. La norme de croissance qui sera fixée pour l’an prochain est de zéro en volume, c’est à dire limitée simplement à l’inflation : c’est le minimum que Bruxelles attendait comme signal d’un changement de la politique budgétaire française. Certes, c’est une rupture sensible par rapport au budget 2003, dont les dépenses progressaient plus vite qu’à l’époque des budgets JOSPIN, c’est tout dire. Mais on n’a pas vraiment réalisé ce que signifiait cette norme. Elle signifie que le volume actuel des dépenses de l’Etat est jugé satisfaisant. Or l’urgence n’est pas de stabiliser les dépenses publiques, mais de les réduire. C’est d’autant plus important que cela ne concerne que les dépenses de l’Etat et pas les dépenses sociales, qui, elles, continuent à connaître les dérives que l’on sait : donc au total l’ensemble des dépenses publiques va continuer à augmenter. Où est la vraie rigueur pour l’Etat ? L’autre aspect de ces lettres de cadrage est un peu plus encourageant : il concerne les emplois publics. Il serait enfin question de les diminuer, suivant un principe simple : le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux pour l’ensemble des fonctionnaires civils de l’Etat. Pour l’année 2004, cela représenterait 30 000 fonctionnaires de moins. C’est bien peu, mais mieux que rien. Le problème, c’est qu’en préparant le budget 2003, il avait été question d’une mesure de ce type et qu’au fur et à mesure des arbitrages budgétaires, les ministères dépensiers l’avaient emporté. Il faut donc que le gouvernement, s’il veut vraiment appliquer cette mesure minimale et indispensable, sache qu’il va subir des pressions considérables et annonce que quelles que soient les circonstances il n’y cédera pas. Pour que cela soit possible, il faut dire la vérité aux Français sur l’état de l’économie en général et des finances publiques en particulier de la part des bureaucrates et des syndicats. Le 7 mai 2003
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