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LES EFFETS DE Le centre de la finance mondiale se réfugie dans le Pacifique Hong Kong, Shangaï, Singapour et autres : voici aujourd’hui les principales places financières du monde, et elles ne cessent de gonfler, car les banques en Europe et aux Etats-Unis se sentent de plus en plus menacées, pourchassées par le fisc et entravées par un surcroît de réglementation. Ici encore le principe de précaution a frappé. L’idée est que pour éviter les imprudences commises par les banques – tenues pour responsables de la crise – il faudrait leur demander d’une part de diminuer les risques qu’elles prennent (d’où une nouvelle réglementation) et d’autre part de constituer un fonds de réserve dans la perspective d’une crise à venir (d’où une nouvelle taxe). Cette dernière idée est originale, pour ne pas dire saugrenue. Il s’agirait de faire payer à l’avance les banques pour le soutien éventuel qu’elles recevraient en cas d’une éventuelle nouvelle crise. La crise est incertaine, la taxe est certaine et immédiate. Cette idée a séduit Michel Barnier, commissaire européen chargé des services financiers, et les ministres des finances de l’Union étaient décidés à l’adopter au cours de leur rencontre à Madrid lundi dernier. Leur ardeur fiscale a été douchée par Jean Claude Trichet qui a expliqué que l’activité bancaire européenne est en train de se déplacer massivement vers les places financières asiatiques. Or le secteur bancaire est riche en emplois et en valeur ajoutée. Ce serait donc une erreur dramatique que de tirer sur l’ambulance. Aux Etats-Unis le plan Volcker effraie Wall Street. Il s’agit ni plus ni moins d’obliger les banques à revenir à la spécialisation, les banques n’ayant plus le droit de mêler ressources liquides et fonds à long terme. Obama et les Démocrates veulent aussi une application anticipée de la réglementation Berne III qui oblige les banques à accroître leurs fonds propres en proportion des opérations de crédit qu’elles réalisent. Là encore, fuite vers le Pacifique. Ce que les réglementaires oublient, c’est d’abord que la réglementation de la profession bancaire est déjà très lourde, et mal conçue ; Bâle II est certainement l’une des origines de la crise, orientant les banques vers la chasse systématique aux capitaux propres et à la croissance par fusion et absorption, et les éloignant de la sélection des risques. C’est ensuite que les plus grandes imprudences à l’origine de la crise ont été commises non par les banques, mais bien par les pouvoirs publics, qui ont garanti des crédits insolvables (subprimes) et pratiqué une politique d’argent à bon marché autorisant toutes les fantaisies. Le 28 Avril 2010
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