POUR QUE LES ENFANTS DES RUES AILLENT A L’ECOLE

 

La punition des familles ne suffit pas : il faudrait s’inspirer de l’histoire d’Harlem


L’absentéisme scolaire est un vrai problème, il est porteur de violence, de trafics en tous genres, et surtout il fabrique des ignorants et des asociaux, qui seront bientôt des exclus et des marginaux. Ce problème ne s’est pas seulement posé en France, il a été connu partout dans le monde occidental, en particulier en Angleterre et aux Etats-Unis.

Sans doute peut-on associer les familles à l’entreprise de retour à l’école. C’est ce que, par exemple, le Conseil général des Alpes Maritimes et son président Eric Ciotti ont mis en œuvre : « les enfants de 6 à 18 ans qui sont trop souvent absents à l’école ou qui troublent le fonctionnement de leur établissement scolaire signent avec le département un contrat moral pour une durée de six mois ». Ce contrat de responsabilité parentale (CRP) consiste en un contrôle plus précis des absences, à un suivi des enfants, et aboutit à des rappels à l’ordre dans un premier temps, puis dans un deuxième temps à une suppression des allocations touchées par la famille. Mais le système est coûteux (2.000 euros par contrat), et ne réussit que pour des familles déjà prédisposées (pour lesquelles d’ailleurs on instaure à Nice une école des parents). On ramènera quelques brebis égarées, mais pas le troupeau entier.

Les sanctions financières ont eu un semblant de succès en Angleterre, mais les pénalités ont été très lourdes, et l’absentéisme n’a pas complètement disparu, au contraire une radicalisation des comportements a été observée dans plusieurs banlieues de Londres.

Incontestablement, le seul succès digne d’intérêt est celui qu’avait rapporté, dix ans en arrière, Rudolph Giuilani, maire de New York, dans le quartier de Harlem. Les deux pièces maîtresses du dispositif ont été d’une part un choix scolaire très élargi offert aux parents, d’autre part une nouvelle politique du logement social.

Au lieu de retirer de l’argent aux familles, Giuliani leur en a donné, sous forme de bons scolaires. Avec ces bons, les familles peuvent aller dans n’importe quel établissement de leur choix, et – chose la plus importante – il y a eu totale liberté de création des établissements scolaires dans ce quartier : écoles confessionnelles, commerciales, parentales, associatives. La concurrence a produit son effet, bien mieux que la coercition : les établissement ont fait assaut d’imagination pour garnir leur établissement, puisque c’est la fréquentation qui faisait le budget.

Parallèlement, Giuliani a restauré progressivement les îlots d’immeubles complètement dévastés par leurs occupants, il a proposé des logements privés (et non plus gérés par la ville) avec là encore des systèmes de bons et de crédit. Aujourd’hui Harlem présente un visage avenant avec des avenues claires, des parcs et des boutiques. Nul doute que c’est l’environnement des cités de HLM qui en France, comme ailleurs, engendre la délinquance, et provoque les exclusions et le communautarisme. Il serait peut-être temps d’en finir aussi avec le mythe du logement social.

Finalement il faut aux familles et aux enfants de bonnes écoles et de bonnes maisons.

Le 28 Avril 2010

   
 
 
 

 

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