LA FAMINE MENACE-T-ELLE L’HUMANITE ?

 

Certainement pas, et Jean Philippe Feldman démasque les marchands de peur


Ce jeune professeur de droit, qui enseigne à l’Université de Sud Bretagne (Vannes) mais qui est aussi à Paris avocat à la Cour, aime bien réagir contre la pensée unique, qui à ses yeux conduit à la perversion du droit, à la terreur intellectuelle, et à la manipulation politique.

L’idée d’une nature incapable de nourrir ses enfants n’est pas neuve : elle est la base de la théorie de Malthus, des « pessimistes anglais » qui au XXème siècle inspirent les discours anti-croissance et anti-capitalisme. On trouve le néo-malthusianisme dans le club de Rome (1958), puis dans la conférence de Rio (1992), acte fondateur du développement durable et de l’écologie politique dont le succès médiatique n’a d’égal que l’ignorance scientifique – ou l’aveuglement idéologique.

Le mérite de Jean Philippe Feldman est d’avoir instruit en un petit livre très pédagogique, mais très documenté et bien argumenté, le procès de ces marchands de peur qui essaient de nous persuader que notre monde est le pire de toute l’histoire de l’humanité, et que les déséquilibres vont encore s’aggraver dans les années à venir, à moins qu’une réaction salutaire nous éloigne de « la croissance pour la croissance ».

Pour vous donner envie de vous procurer cet ouvrage dont vous devriez faire votre régal, voici quelques unes des idées reçues contre lesquelles se déchaîne Jean Philippe Feldman. Autrefois le monde était pur, aujourd’hui halte à la croissance. Le monde a subi une crise agricole, à bas le capitalisme. Il faut sauver l’agriculture, la souveraineté alimentaire doit être protégée. Le principe de précaution doit être généralisé, surtout en ce qui concerne les OGM. Non à la malbouffe américaine, vive le commerce équitable. Les produits agricoles ne sont pas des produits comme les autres, il y a un droit à l’eau. L’austérité a du bon, la croissance n’est pas indispensable.

On aura ainsi repéré le catéchisme récité quotidiennement par les médias et la plupart des politiciens, et non des moindres.

Le mérite de Jean Philippe Feldman n’est pas seulement de relever les erreurs et les errements de telles pensées, mais aussi d’expliquer pourquoi elles ont un tel succès dans des milieux si différents. Tout d’abord presque tout le monde feint d’ignorer que la situation alimentaire, sanitaire, voire culturelle du monde est en nette amélioration depuis un demi-siècle, et que seuls certains pays n’ont pas accès à ce progrès, parce qu’ils n’ont pas accès à la liberté et à la propriété. Ensuite tout le monde croit que l’agriculture est soumise aux lois du marché, et que les dysfonctionnements de la production alimentaire sont dus à la violence du libre échange. Il n’en est rien, la mondialisation n’a hélas pas conquis les produits alimentaires, et l’agriculture demeure un bastion du protectionnisme, des aides publiques, et des politiques ruineuses, à l’image de la « politique agricole commune » européenne. La production agricole ne souffre pas d’un excès de marché, mais d’une absence de marché. Mais comment faire entendre raison à des gens qui sont persuadés que la propriété c’est le vol et que le commerce est à base d’exploitation ? Jean Philippe Feldman rappelle ce que l’humanité doit à la reconnaissance et à la protection de ce droit naturel, ce droit inaliénable, qu’est la propriété privée. Mais notre époque semble préférer les faux droits sociaux au vrai droit naturel. Ainsi le droit à l’eau est-il le pendant du droit au logement, ou du droit à la santé. Quant au commerce, à l’échange, on les voit toujours à travers le prisme de l’inégalité, la lutte des classes consacrant la défaite des pauvres et la puissance des riches. On en vient ainsi à condamner la croissance « à base de productivisme », et on se complaît dans la nostalgie d’un monde révolu, mais si harmonieux et si pur ! En fait, c’est « la régression vers des civilisations passées » (Yves Guyot, 1883).

Vous trouverez dans cet ouvrage un condensé de citations, de chiffres, de formules brillantes, qui vous permettront sans aucun doute de ramener à la bergerie beaucoup de moutons égarés, qui croient fuir le loup alors qu’ils se jettent dans sa gueule.

L’ALEPS est fière de compter Jean Philippe parmi ses administrateurs, ainsi que son éditeur Mathieu Laine.  

Jean Philippe Feldman La famine menace-t-elle l’humanité ? Coll. Idées fausses, vraies réponses, J.C.Lattès, éd., Paris, avril 2010.

Le 21 Avril 2010

   
 
 
 

 

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