BESANCENOT « CRÉDIBLE » : ILS SONT FOUS CES GAULOIS !



Les résultats des sondages de ces derniers mois nous laissent perplexes, en particulier quand ils mesurent la montée régulière de Besancenot. On peut certes l’interpréter comme le fait que les Français disent n’importe quoi, parce qu’ils sont troublés par les hésitations ou les reniements ou les aberrations des hommes politiques « classiques ». Mais on ne peut ramener la popularité de Besancenot à la simple impopularité des autres vedettes de la politique. Un vent de folie collective semble souffler en Gaule.

Le plus étonnant est le sondage BVA-Leo Burnett-La Tribune-BFM sur la crédibilité des hommes politique. En retenant trois critères précis, l’homme politique le plus crédible est Olivier Besancenot avec 38% de crédibilité. Il devance  Nicolas Sarkozy, 35%, Bertrand Delanoë, 33%, Martine Aubry, 31%, François Fillon, 29%, François Bayrou, 28%, Ségolène Royal, 27% et Dominique Strauss-Kahn, 26%. Certes, aucun d’entre eux n’a une majorité le considérant comme crédible, mais il faut croire qu’au royaume des aveugles les borgnes sont rois. Et très franchement, à propos de Besancenot, qui dit absolument n’importe quoi, le mot qui nous serait venu à la bouche n’est pas celui de crédible.

Quels sont les trois critères ? Pour être crédible, il faudrait qu’un homme politique donne aux Français le sentiment qu’il s’occupe de leurs problèmes, qu’il fait ce qu’il dit, et qu’il est capable de changer les choses.

Sur le premier critère, s’agissant de s’occuper des problèmes des Français, Besancenot vient en tête (43%), tous les autres étant en dessous de 33%. Nos problèmes, l’agitation quasi-révolutionnaire dans les usines, la préparation du grand soir, le soutien à Rouillan d’action directe,… ? S’occupe-t-il de nos problèmes en proposant un SMIC net à 1500 euros ou l’interdiction des licenciements ou des nationalisations massives ? Faut-il que les Français soient bien ignares pour croire que c’est ainsi qu’on résout leurs problèmes ?

Quand on leur pose maintenant la question de la qualité de l’action, 36% trouvent que Besancenot fait ce qu’il dit, juste derrière Sarkozy (38%) et Delanoë (37%) et devant tous les autres. Comment peut-il faire ce qu’il dit, lui qui n’a jamais exercé la moindre responsabilité et qui s’y refuse, car il ne veut pas participer au pouvoir, il veut tout le pouvoir.

Enfin Besancenot est-il capable de changer les choses ? Oui pour 35% des Français, juste derrière Sarkozy (38%) et devant tous les autres. Cela en dit long notamment sur le manque total de « crédibilité » des socialistes, largués nettement par notre facteur trotskiste.

Même nos leaders syndicaux, dont le sens des responsabilités n’est pas la qualité principale, s’en inquiètent. François Chérèque trouve que les pratiques du NPA de Besancenot, se précipitant dans la moindre entreprise en difficulté pour faire de l’agitation, « font un peu rapace ». Pour le leader de la CFDT, le NPA « attend la misère pour agir ». Bref, Besancenot fait de la récupération politique à l’occasion de la crise, il surfe sur le malheur des Français : opinion forte venant d’un leader syndical !  Mais ces chers syndicalistes ne se sont pas privés de faire de la surenchère dans les revendications irresponsables, à l’occasion de la grève du 19 mars. Simplement, ils n’aiment pas qu’on vienne les concurrencer dans leur chasse gardée.

Il est clair que l’extrême-gauche, NPA en tête, mais aussi LO, PC et autres, ont voulu faire de cette journée de grève une « journée politique », comme Le Figaro l’avait annoncé. Mais que veut dire ce type d’agitation politique ? Qu’on cherche à gagner dans la rue ce qu’on a perdu dans les urnes. Autrement dit que c’est la rue qui fait la loi. La révolution est au bout du chemin, au bout de cette confusion des genres. Nos hommes politiques dits « républicains » en sont largement responsables, puisqu’à la première manifestation de rue, ils cèdent face aux pressions « populaires ».

Pour conclure, écoutons Besancenot : « Unité et radicalité, ce sont de bons mots d’ordre ». « Le LKP est un exemple à suivre et à méditer. Il faudrait faire des collectifs contre la « profitasyon » partout en France » ! Crédible, vous avez dit crédible ?

Le 1er avril 2009

 

   
 

 

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