![]() | |||||||||||||||
|
C’est un article assez hallucinant que publie
Valeurs Actuelles dans sa rubrique « Parlons Vrai ». Il est signé Philippe
Meunier, député UMP du Rhône et d’une vingtaine de députés également UMP, dont
nous tairons le nom par charité. Passons sur le titre (« Produisons français »)
et sur le surtitre (« Protéger l’industrie et les travailleurs français de
la crise »), pour le moins contestables. Le début et la fin du texte font
allusion à la période de l’après-guerre, dans laquelle « la France a su (…)
se bâtir un avenir grâce notamment à la politique du général de Gaulle. Cette
volonté politique a doté notre pays d’industries automobiles, aéronautiques, nucléaire,
aérospatiale et ferroviaire modernes tout en développant son économie agricole »
Et de glorifier ce « volontarisme ». « Les républicains ont dépassé
leurs divergences idéologiques au sein du Conseil national de la résistance pour
reconstruire la France (…). Il ne s’agit plus de la droite ou de la gauche, il
s’agit de l’intérêt de la France et des Français ». Cet appel au dépassement des divergences
idéologiques, qui avait consisté pour l’essentiel à s’aligner à l’époque sur les
thèses du parti communiste, avec les nationalisations massives, industrielles
et bancaires, la planification, l’étatisation de l’enseignement et de la protection
sociale, sonne curieusement en 2009. Nos députés auraient-ils oublié que le mur
de Berlin est tombé et que nous sommes à l’époque de la mondialisation ?
Il est vrai que ces rappels sur la « nécessité de produire français »
sont l’occasion de taper sur les « ultralibéraux ». On se demande où
ces députés ont vu des ultralibéraux. Sûrement pas à l’Assemblée. Et de taper
sur « une économie française sacrifiée sur l’autel du « laisser faire,
laisser passer » (Notre député et ses amis ignorent qu’il s’agit du « laissez
faire, laissez passer », ce qui a une tout autre signification, celle de
« laissez-nous faire », laissez-nous entreprendre et commercer). Certes, on appréciera les critiques de la
taxation de l’appareil de production, du refus des réformes indispensables, de
la diminution du temps de travail et de l’augmentation de la fiscalité locale.
Mais à quoi bon ces critiques si c’est pour attaquer « une mondialisation
des échanges basée sur la théorie d’Adam Smith ». Cette mondialisation a
pour objectif « de produire là où c’est le moins cher pour faire le maximum
de profits » et pas pour baisser les prix pour les clients, bien sûr. Avec
un tel système « la libre circulation des marchandises et des capitaux est
plus importante que le lien social, la solidarité et la protection de l’environnement ».
Le libre échange affaiblit les liens naturels et empêche la solidarité… Résultat : « La nécessité absolue
d’un nouveau contrat social » ! La référence à Rousseau s’impose, sans
doute pour restaurer les liens familiaux… Face à la crise, deux solutions pour
nos députés : « Aller plus loin encore dans la révolution libérale »
(car, vous ne le saviez pas, la France est en pleine révolution libérale…). « Solution
irresponsable, qui risquerait de nous mener à des révoltes d’inspiration marxiste
ou fasciste avec les conséquences dramatiques connues sur les libertés publiques,
les résultats économiques et environnementaux ». Logique implacable :
le libéralisme conduit au fascisme ou au marxisme. Seconde solution, (la bonne pour nos députés)
« remettre l’homme à l’honneur et au centre de notre économie de marché.
Pour ce faire, devant l’irresponsabilité du marché, il faut redonner à la puissance
publique les moyens d’agir ». Remettre l’Etat au cœur de l’économie pour
la rendre plus humaine, c’est effectivement original ! Face aux délocalisations
d’entreprises en bonne santé, dans le seul but d’augmenter les dividendes, « la
puissance publique doit se réserver le droit de prendre toutes les mesures efficaces
pour arrêter une telle pratique » ! Sans doute comme en 1793 en rétablissant
la guillotine pour crime économique ? Ce n’est pas tout. « La redistribution
des richesses produites par les entreprises est également attendue par les Français
avec impatience ». Et d’attaquer les très hauts salaires face à la stagnation
des autres salaires. « Quant à la distribution des dividendes, elle doit
aussi concerner l’ensemble des salariés ». Tout cela grâce à des accords
entre les partenaires sociaux. Pouvons-nous suggérer une mesure beaucoup
plus efficace : donner des cours d’économie aux députés. En tous cas, avec de
tels discours, ils devraient adhérer au NPA de Besancenot.
| |||||||||||||||