LES FRANCAIS TOUJOURS FACHES

AVEC L’ECONOMIE DE MARCHE


Faut-il s’étonner de la position du parti socialiste sur le capitalisme, dont nous parlons dans un autre article, quand on connaît celle des Français sur l’économie de marché, ce qui revient au même ? On se souvient qu’il y a quelques années, la France était le seul pays du monde dont les citoyens rejetaient majoritairement l’économie de marché. Cet intéressant sondage a été réactualisé par l’institut GlobeScan. La question posée était simple : « Le système d’économie de marché et de libre entreprise est-il le meilleur pour l’avenir du monde ? ». On pouvait évidemment répondre par oui ou par non.

Deux constatations par rapport au sondage précédent. D’abord, le nombre de partisans du marché diminue, ce qui est une mauvaise nouvelle, dans presque tous les pays. Ensuite, dans l’immense majorité des cas, la réponse reste positive. Aux Etats-Unis, on trouve par exemple 70% de oui et 23% de non. En Chine, 66% de oui et 23% de non, en Allemagne, 62% de oui et 30% de non, au Royaume-Uni, 59% de oui et 30% de non, au Mexique 56% de oui et 38% de non, en Corée du sud, 55% de oui et 39% de non, etc.

Au total, dans 17 pays sur 18, le pourcentage de oui a reculé par rapport à l’enquête précédente.

En Corée, par exemple, on est passé de 70% à 55% : l’évolution est sensible. Et encore l’institut prévient-il que cette enquête a été réalisée avant la phase récente de crise financière, qui, comme on le sait, a été exploitée contre le marché lui-même, alors que, comme nous l’avons démontré, il s’agit d‘une nouvelle crise de l’interventionnisme étatique, notamment des banques centrales.

Et la  France ? Elle est doublement à contre-courant. D’une part, contrairement à l’immense majorité des autres pays, le non l’emporte chez nous (Il n’y a que la Turquie qui soit également dans cette situation, ce qui n’est guère une consolation, compte tenu de l’évolution inquiétante de ce pays). En France, 41% de oui seulement et 45% de non. Il y a donc bien toujours une exception française. Mais, seule consolation, c’est le seul pays où le oui progresse : les partisans du marché sont en hausse de 5%. On voit bien que les Français ont toujours un problème avec l’économie de marché, même si cela va un tout petit peu mieux. Et que signifie une réponse majoritaire du non ? Si ce n’est pas l’économie de marché et de libre entreprise, c’est quoi ? Une économie de plan et d’entreprises publiques ?

Plus généralement, le recul des oui dans le reste du monde, même s’ils restent majoritaires, est inquiétant. On sent bien, intuitivement, que les forces hostiles au libre marché se déchaînent. Les campagnes de désinformation, que nous avons citées plusieurs fois dans notre chronique de conjoncture, ont joué un rôle crucial : le commerce ruine les pays pauvres ou menace les pays riches, le marché ne peut régler les problèmes d’environnement, la mondialisation provoque de l’inflation, les inégalités s’accroissent, le libéralisme sauvage est partout à l’œuvre dans le monde, la crise financière est une crise typique du capitalisme, etc.

Il est logique que les opinions publiques finissent par être sensibles à toute cette propagande. Plus que jamais, on a besoin que la société civile joue le rôle de contrepoison et que les think tanks libéraux, comme l’ALEPS et d’autres, que les sites libéraux comme www.libres.org, que les publications comme la Nouvelle lettre soient soutenues. La désinformation de la jeunesse, sous prétexte de thèmes comme la défense de l’environnement, est particulièrement dramatique. Et la situation est peut-être plus dégradée qu’on ne le croit, car d’autres questions subsidiaires montrent que même là ou le marché est plébiscité, les populations sont aussi favorables à la réglementation, sans craindre la contradiction. Il est temps que les libéraux se mobilisent et fassent comprendre et aimer l’économie de marché, qui est tout simplement l’économie libre. Car, face au libre marché, il n’y a que la contrainte, contraire à la liberté de l’homme et à sa dignité.

Le 2 mai 2008 

 
   

 

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