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La
classe politique française est formidable. Alors que tous les autres pays
se partagent entre libéraux et sociaux-démocrates « modernes »,
la France en est encore à droite à l’étatisme et à gauche au marxisme.
Mais enfin, les choses évoluent, tout
au moins au rythme de l’escargot, car voici que bientôt le parti socialiste
ne sera plus révolutionnaire (notons que nous avons tout de même toujours
un parti communiste représenté au parlement, ce qui n’est même plus le
cas en Italie). Les socialistes, dans la perspective de leur prochain
congrès destiné à départager les éléphants, ont mis au point une « déclaration
des principes », qui devrait être adoptée par les militants, sans
doute en juin. Et le parti veut un vote « consensuel ». La
précédente déclaration de principes avait été modifiée en 1990, pour tenir
compte de ce détail qu’était la chute du mur de Berlin. Mais manifestement
le PS n’en n’avait pas tiré toutes les conséquences, faute d’en mesurer
l’extraordinaire portée. Ainsi il était encore dit-et cela figure donc
aujourd’hui comme charte du PS au moins jusqu’en juin- que le PS mettait
« le réformisme au service des espérances révolutionnaires » :
seul un parti français est capable d’une telle formule : un réformisme
révolutionnaire ! Désormais le PS va se présenter comme « un
parti réformiste ». « Il porte un projet de transformation sociale
radicale. Il sait que celle-ci ne se décrète pas ». Exit donc la
révolution, reste la transformation radicale. Déjà
en 1990, le PS avait reconnu (quelle lucidité !) « La faillite
des sociétés bureaucratiques », ce qui ne l’empêchait pas de proposer
toujours plus d’Etat, donc plus de bureaucratie. Désormais, le PS vise
un héritage commun : les Lumières, la Révolution française, le souvenir
de la Commune, la République, etc., sans oublier des valeurs (humanisme,
égalité, liberté, laïcité, internationalisme (sic).). En
1990, le PS expliquait ne pas « méconnaître les règles du marché »,
là encore formule étonnante, tout en voulant « agir pour le dépassement
du capitalisme », ce qui est une vieille lune marxiste, le capitalisme
n’étant pour MARX qu’une étape dans l’évolution des sociétés. Désormais,
le PS continue à critiquer le capitalisme, mais s’affirme « partisan
d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché
régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux ».
Ouf ! Il y a tant de qualificatifs que ce n’est plus une économie
de marché. Bien
sûr, le développement durable figure en bonne place dans ces principes.
Mais on notera tout de même que le principe de précaution est pris avec
des pincettes car « les risques sont inséparables du développement
de la science ». Malheureusement, grâce à Jacques CHIRAC, ce principe
figure dans la constitution. Tout le reste porte sur la redistribution,
les services publics, l’économie sociale, le marché qui ne peut s’appliquer
quand il s’agit des droits essentiels, l’économie mixte, bref ce qui a
échoué partout, ce qui implique plus d’Etat et ce qui va entraîner une
hausse des prélèvements obligatoires. Enfin,
le PS s’est une nouvelle fois déchiré sur la question de l’Europe, même
au niveau des principes. Du coup, le PS en reste à des formules vagues :
le PS se présente comme « un parti européen » et « revendique
le choix historique de l’Union européenne et de la construction d’une
Europe politique ». L’Europe politique, évidemment, ce n’est pas
tout à fait une simple zone de libre-échange. Voilà
donc l’archaïsme français une nouvelle fois mis en valeur. Le PS n’est
plus révolutionnaire : voilà une grande évolution. Mais il reste
attaché aux formules d’inspiration marxiste qui ont échoué tout au long
du XX° siècle. La transformation sociale radicale, la régulation, tout
cela fait un peu tâche quand on compare nos socialistes à ceux des pays
voisins. Manifestement, le PS n’a pas encore fait son Bad Godesberg, congrès
du SPD allemand en 1959 qui l’avait conduit à abandonner le marxisme. Le 2 mai 2008
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