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C’est
un débat très ambigu qu’avait ouvert Nicolas SARKOZY et que vient de relancer
Roselyne BACHELOT, ministre de la santé : celui du rôle des mutuelles
et autres assurances complémentaires. Le Figaro pose directement la question
« Pour réduire le trou de la Sécu, faudra-t-il transférer certaines
dépenses de santé aux mutuelles et aux assureurs privés ? ».
Interrogée sur ce point, et par exemple sur le transfert total du remboursement
des soins d’optique, le ministre de la santé a répondu « La question
est posée », façon polie de dire que c’est déjà tranché. Il y a dans cette suggestion
un aveu de taille : la Sécu n’est plus capable, ce que nous crions
dans le désert depuis des années, de jouer son rôle dans le financement
des dépenses de santé. Elle coûte de plus en plus cher pour rembourser
de moins en moins de choses. Cela devrait suffire à poser la question
même de l’existence de Que propose la ministre ?
Un transfert supplémentaire sur les mutuelles et les assurances privées.
Elle y met des conditions : une plus grande concurrence tout d’abord.
Qui s’opposerait à cette idée ? La concurrence existe déjà dans ce
secteur et elle est insuffisante. Mais c’est l’hommage du vice à la vertu :
les partisans du monopole public de Bien entendu,
cela n’aborde pas le problème de fond : celui du régime de base monopolistique,
et de son incapacité à se réguler, faute d’indicateurs marchands (pas
de liberté des prix, pas de libre choix de l’assureur, pas de concurrence,
gratuité apparente et méconnaissance des coûts réels). Mais si les assurances
complémentaires et leur mise en concurrence ont tant de vertu, pourquoi
s’arrêter en si bon chemin et ne pas permettre à chacun de choisir son
régime de base, en mettant fin au monopole ? C’est la
seule piste sérieuse, car le développement des complémentaires sans réduction
du service de base de la Sécu revient à faire payer deux fois les Français
(un peu comme pour les retraites) : une fois pour le régime de base
qui ne marche pratiquement plus et une fois pour les complémentaires.
D’ailleurs toutes les autres pistes évoquées par R. BACHELOT ont déjà
échoué : hausse des recettes (CRDS), « rationalisation des dépenses »
(ce qui est impossible avec une pseudo-gratuité apparente), etc. La grande
mode est aux futures « agences régionales de santé », prévues
pour l’automne avec une grande loi santé, agences qui auraient « autorité »
sur les hôpitaux comme sur la médecine libérale (qui du coup ne serait
plus libérale). Dernière proposition présidentielle : « les
préfets de région devront y jouer un rôle essentiel –sans doute les présider ».
Faire présider les agences régionales de santé par le préfet de région,
voilà en effet une proposition ultralibérale qui va permettre d’achever
l’étatisation de la Sécu, donc d’avancer l’heure de sa disparition. Le 30 avril 2008
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