ULTRALIBERALISME A CUBA


Les médias n’en reviennent pas. Voilà que Raoul CASTRO dilapide jour après jour le glorieux héritage de son frère. Tant de libertés en peu de jours, c’est vraiment la nouvelle révolution cubaine. Il paraît même que maintenant on peut acheter des fours à microondes, des magnétoscopes, des vélos électriques et même des alarmes pour voitures (on croyait pourtant qu’il n’y avait pas de voleur dans les paradis socialistes. Le socialisme n’est plus ce qu’il était et GUEVARRA doit se retourner dans sa tombe. A qui se fier, si même la veille garde baisse les bras ?

Mais cela n’était qu’un hors-d’œuvre. Deux mesures majeures ont été annoncées et commentées sur nos écrans et dans nos journaux comme étant un tournant essentiel. La première concerne les téléphones portables : les Cubains pourront posséder des téléphones portables. Ceux qui font remarquer que dans n’importe quel pays capitaliste, même de troisième catégorie, tout le monde peut acheter un portable ne sont que des suppôts de BUSH et de l’impérialisme américain.

Il y avait déjà des portables à Cuba, mais pour des raisons hautement stratégiques (imaginez que les gens commencent à se parler librement), ils étaient réservés aux étrangers, aux employés des entreprises étrangères et aux fonctionnaires de haut rang (nous n’osons pas dire à la nomenklatura). Désormais, tout Cubain pourra en acheter. Enfin presque. Car il y a tout de même une condition : les payer en devises. Bon, il paraît que les Cubains, travaillés par la propagande capitaliste, n’avaient pas attendu l’autorisation et étaient nombreux à avoir un portable « par la voie indirecte ». C’est l’avantage du socialisme : on peut trouver de tout, mais seulement au marché noir. C’est mieux que le capitalisme, car du coup on ne paie même pas la TVA.

Avec le nouveau système, l’achat est donc libre. Enfin presque. Car tout le monde n’a pas de devises. De plus, un contrat coûte 75 euros et le service local 0,38 euros la minute. Or un cubain gagne en moyenne 11 euros…par mois. Mais au moins, ils ne sont pas exploités comme dans une vulgaire économie capitaliste.

Seconde mesure majeure : les Cubains pourront être acceptés dans les hôtels réservés jusque là aux touristes étrangers. On voit le progrès : ils pourront se déplacer dans leur propre pays et loger où ils veulent. Ce n’est pas chez nous, pauvres esclaves du capitalisme, que cela existerait. Bien sûr, il faudra tout de même payer en devises ou en monnaie convertible, alors qu’officiellement les Cubains n’en possèdent pas. Car le terme devises est un mot pudique pour désigner le dollar américain.

Tout est donc possible dans la nouvelle patrie du socialisme, du moment que l’on paie en dollar : hommage du vice à la vertu en quelque sorte. Il est vrai que c’est la même chose au Vietnam : toutes les dépenses courantes sont à un dollar. Les dirigeants Cubains ont au moins compris une chose, en traficotant sur les marchés des changes, la même que ce qu’avaient apprise les Russes avant 1991 : c’est que la différence entre leur monnaie (un rouble russe ou un peso cubain) et un dollar… c’est un dollar.

 

Le 10 avril 2008 

 
 
 

 

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