LA RUSSIE CONTROLE INTERNET : LA BELLE AFFAIRE !


La valse des libertés se poursuit dans une Russie qui reste celle de POUTINE, même s’il a permuté ses fonctions avec celles de son ancien premier ministre devenu Président, MEDVEDEV. Le pouvoir s’attaque maintenant à Internet. Jusqu’à maintenant, il contrôlait la télévision, la radio, la presse écrite. Mais il restait un espace de liberté, avec Internet, qui ménageait un lieu d’expression privilégié pour l’opposition. Le Figaro, qui rapporte ces informations, précise que « le contraste est flagrant entre le verrouillage croissant de la scène politique russe et la liberté de parole que l’on trouve sur Internet ».

Les journaux d’opposition y étaient mis en ligne, les blogs et forums de discussion dénonçaient les dérapages du pouvoir. Or ce dernier refuge de la liberté d’expression est en train de disparaître. La Russie est en passe de rejoindre la Chine dans ce domaine, qui avait obtenu en particulier que Google et Yahoo censurent leurs bases de données en rendant inaccessibles certains mots clefs. Un décret gouvernemental paru en Russie le 26 février oblige les fournisseurs d’accès à Internet à laisser les services de renseignements russes « contrôler leurs sites et lire les mails de leurs clients en toute liberté ».

 

Il y a mieux : ces fournisseurs doivent s’équiper à leurs frais de technologies coûteuses permettant de surveiller les utilisateurs à leur insu. « Un nouveau texte de loi propose par ailleurs d’interdire l’achat, par des compagnies étrangères, de fournisseurs d’accès Internet en Russie » et Le Figaro de citer le patron du centre de journalisme des situations extrêmes : « Le pouvoir a peur. Cette peur d’Internet a émergé il y a quatre ans, quand ce média est devenu le principal vecteur d’information de la révolution ukrainienne ».

Une nouvelle agence fédérale chargée de superviser le contenu d’Internet a été créée. Selon Radio Free Europe, elle pourrait rendre obligatoire l’enregistrement, auprès des autorités, des blogs les plus fréquentés au titre de médias d’information. Pourquoi ? Pour écarter ceux qui feraient preuve d’un peu trop d’indépendance ou de mauvais esprit. Il est même question de demander, comme les Chinois, à Google et Yahoo de censurer certains éléments.

Certains proches du pouvoir s’interrogent cependant : ne vaut-il pas mieux laisser cette soupape de sécurité, puisque pour l’instant Internet ne touche qu’une minorité de Russes (25 à 35 millions tout de même). Mais d’autres pensent qu’il y a là un risque trop grand, surtout compte tenu de l’expansion rapide de ce média. Bref, pour Le Figaro, « le contrôle d’Internet représente en tout cas un enjeu gigantesque pour un pouvoir qui a fait de la propagande d’Etat l’un des instruments de sa réussite sous POUTINE ».

 

Plus de libertés économiques. Plus de libertés politiques. Plus de libertés d’expression : la Russie de POUTINE et de MEDVEDEV commence à ressembler sérieusement à l’ex-URSS. Manifestement, comme dans le cas de la Chine, cela n’intéresse pas grand monde en Occident. Mais nos enfants nous reprocheront demain notre silence. Une nouvelle fois, seule la société civile rappelle ces drames qui se jouent dans ces pays. La société politique, elle, ne voit rien, n’entend rien.

La tendance des dirigeants européens est de fermer les yeux, et de ne pas déplaire à POUTINE. On l’a bien vu à l’occasion de la rencontre de l’OTAN à Bucarest : Français et Allemands n’ont pas voulu provoquer la colère russe en admettant l’Ukraine dans le giron de l’OTAN.

En 1938, après Munich, personne en Occident n’a voulu défendre la Pologne menacée par HITLER et STALINE, le pacte germano-soviétique prévoyant le partage des territoires polonais entre les deux dictatures. Évidemment, cela peut sembler exagéré et lointain. Mais il vaut mieux prévenir que guérir. Quand on mange avec le diable il faut une longue cuillère.

 

Le 9 avril 2008 

 
 
 

 

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