![]() | ||||||||||||
|
ENSEIGNEMENT :
PRESERVER LES AVANTAGES ACQUIS Gilles de ROBIEN, ministre sortant de l’éducation
nationale, n’aura presque rien fait pour faire évoluer le mammouth.
La seule mesure positive qu’il ait pu prendre concernait le « décret
ROBIEN » qui allongeait le temps de service de certains enseignants. C’était
-enfin- s’attaquer à certains avantages acquis. Dès le début de la campagne, François
BAYROU et Ségolène ROYAL promettaient, pour faire plaisir aux syndicats, d’abolir
le décret ROBIEN. Nicolas SARKOZY vient de les rejoindre, après quelques hésitations,
et réclame la suspension du décret. L’avenir du texte est donc compromis. Voilà
qui en dit long sur la volonté réformatrice des candidats, dès lors qu’il s’agit
de s’attaquer aux syndicats et aux avantages acquis. Le sujet n’est pourtant pas mineur, et il est surtout
très représentatif des blocages de la société française et de la classe politique.
Le Figaro rappelle que 6% du corps professoral est payé pour des heures qu’il
ne passe pas devant les élèves. Et le décret ROBIEN ne visait qu’à en supprimer
une partie seulement. Ces décharges des enseignants conduisent à payer des milliers
d’heures d’enseignement non effectuées devant les élèves. Et le décret qui les
régit date de 1950. Le monde enseignant a un peu changé depuis. Au total, l’ensemble des décharges représenterait
l’équivalent de 28 000 postes à temps plein (6% des enseignants). Notons
que le budget 2007, à la suite du décret ROBIEN, n’a supprimé à ce titre que 3 700
postes. Mais cela a suffi à mettre les enseignants dans la rue. On se souvient
pourtant que l’an dernier un rapport des inspections de l’éducation nationale
et des finances avait dénoncé les abus, parlant de décharges « peu justifiées
ou obsolètes », pour au moins l’équivalent de 12 000 postes à temps
plein. Que dire des heures de cabinet ou de laboratoire,
qui servaient autrefois au temps passé par l’enseignant à ranger les cartes de
géographie ou à entretenir le matériel de laboratoire, alors que depuis longtemps
existe un personnel spécialisé qui s’occupe de ces tâches. Et la décharge de première
chaire pour les enseignants effectuant au moins six heures en première ou terminale,
ce qui faisait que les heures étaient payées en heures complémentaires, pour tenir
compte de la surcharge de travail lors de l’année du bac, à l’époque ou le bac
était en deux ans. Il y a aussi les heures de décharge pour l’animation
d’associations sportives dans les établissements secondaires, alors que de nombreux
établissements ont très peu de licenciés. Et l’heure d’enseignement dans les sections
de techniciens supérieurs, qui équivaut à une heure et quart ! Voilà ce que, très partiellement, le décret ROBIEN
voulait remettre en cause. La suite de la démarche est exemplaire : des grèves
à répétition, avec boycott de bacs blancs, sans succès. Puis des pressions sur
les candidats. S. ROYAL a cédé de suite ; BAYROU, qui a cogéré l’éducation
nationale avec les syndicats, a suivi de peu ; et SARKOZY a fini par céder,
son entourage selon le Figaro avançant un argument stupéfiant : cette
réforme toucherait d’abord des enseignants de sensibilité de droite. Il ne faut
donc pas toucher aux avantages acquis quand ils profitent à son électorat. Avec
une telle vision de la politique, on peut être sur de l’ampleur des réformes de
demain. Qu’en pensent les parents d’élèves ? Et les contribuables ?
Il est vrai qu’il est beaucoup plus important d’écouter les syndicats ! Réforme,
vous avez dit réforme ? Le 13 avril 2007
| ||||||||||||