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EUROPE : LE SONDAGE QUI CHANGE TOUT Dans
son éditorial à l’occasion des 50 ans du traité de Rome, Jacques GARELLO fustigeait
l’Europe politique, expliquant que l’Europe était devenue un géant économique,
parce qu’elle était un nain politique. « Tournée, la page de l’Europe
politique » disait-il. Cette
analyse est corroborée par un sondage passé à peu près inaperçu, que nous avons
trouvé dans une dépêche Reuters. Sondage réalisé dans les 27 pays de l’Union, auprès de 17 443 citoyens, par le cercle de réflexion
britannique Open Europe. Le résultat le plus important, c’est qu’une large majorité
(les chiffres précis ne sont pas donnés), dans tous les pays, même en France,
considère que la priorité, c’est « la limitation des pouvoirs de l’Union
européenne et sa transformation en une simple zone de libre-échange sans objectif
politique » : nous ne demandons pas autre chose, et les candidats feraient
mieux de suivre les conseils des citoyens dans ce domaine. La vision britannique
de l’Europe est donc largement partagée par les citoyens européens. Par
ailleurs, s’il doit y avoir un nouveau traité, 75% des citoyens veulent s’exprimer
par référendum, et même 81% en France (contre 16% d’un avis contraire) :
il sera difficile de faire approuver un traité relooké par le seul Parlement.
Or sur 18 pays qui ont adopté le traité rejeté par les Français, seuls deux avaient
eu recours au referendum ! Par ailleurs, seuls 28% des européens pensent
que l’EU devrait avoir plus de compétences qu’elle n’en
a actuellement, la majorité pensant qu’elle devrait en avoir moins. Autre
question intéressante, celle de la monnaie. 49% des Européens de la zone Euro
préféreraient revenir à leur ancienne monnaie nationale, contre 47% pour l’Euro. Le taux d’opposition à l’Euro
est même de 70% en Grèce, de 54% en Allemagne. En France, par contre, 55% veulent
garder l’Euro : peut-être n’ont-ils pas gardé un
bon souvenir de la gestion inflationniste du Franc ? Et ceux qui n’ont pas
adopté l’Euro, comme les Anglais, sont 77% à vouloir
garder leur monnaie nationale. D’autres
aspects de la supranationalité sont aussi discutés. C’est ainsi que les Européens
sont contre la création d’un poste de ministre européen des affaires étrangères,
disposition prévue dans la constitution qui a été rejetée. Enfin, 56% estiment
que l’EU n’est pas « représentative des citoyens
ordinaires » : une Europe technocratique en quelque sorte. Les candidats aux présidentielles, pourtant
l’œil rivé sur la dernière enquête d’opinion, vont-ils désormais adapter leur
discours ? Voilà en tous cas une nouvelle donne. Le 11 avril 2007
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