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En France, les candidats aux présidentielles, arrivés
dans la dernière ligne droite avant le premier tour, se disputent sur le niveau
du SMIC : revalorisation légale pour les uns, coup de pouce pour d’autres,
hausse à 1500 euros bruts pour la gauche et hausse à 1 500 euros nets pour
l’extrême-gauche. Qui dit mieux ? Mais personne, comme nous l’avions expliqué dans un article de conjoncture
du 10 mars, personne ne remet en cause le principe même du SMIC. Cela paraitrait
sans doute comme une proposition « ultralibérale », donc, par principe,
disqualifiée avant tout examen. Mais les électeurs français savent-ils que le SMIC
n’existe pas en Allemagne, pays pourtant champion du
capitalisme rhénan, accordant une grande place aux syndicats et fort éloigné de
« l’ultralibéralisme ». Le SMIC, au sens où nous l’entendons, c'est-à-dire
un salaire minimum fixé par l’Etat et applicable à tout le pays, n’existe pas
chez nos voisins d’outre-Rhin. Seuls quatre secteurs d’activité, dont le bâtiment
et travaux publics, ont un salaire plancher, différent donc d’une branche à l’autre,
suivant la productivité des secteurs. Pour le reste, c’est la libre négociation
qui fixe les salaires. La coalition au pouvoir (CDU-SPD) commence simplement
à s’interroger sur l’opportunité de mettre en place un SMIC en Allemagne. Une
réunion au sommet s’est récemment tenue à la chancellerie, à Berlin, sur la réforme
du marché du travail et elle a abordé cette question : résultat, aucun
accord n’est en vue sur ce sujet au sein de la coalition, profondément
divisée sur ce point. Les sociaux-démocrates (SPD) mettent en avant le
fait que 3,5 millions de salariés seraient « très mal payés », terme
bien peu précis, surtout quand on sait que sur ce total, il n’y a que 520 000
salariés à plein temps, qui continuent à toucher diverses aides sociales. Le vice-chancelier
social-démocrate, ministre du travail, suggère donc de mettre en place un salaire
minimum. Même les organisations syndicales étaient partagées
sur cette question, et Les Echos, qui développent cette information, indiquent
qu’après « beaucoup d’hésitations et d’états d’âme, les organisations syndicales
semblent désormais favorable à ce qu’on appelle, dans la langue de GOETHE, le
Mindestlohn ». On est loin, compte tenu de cette
prudence, des positions de la CGT ou de FO ! De toutes façons, il serait
question d’un taux très inférieur à ce qu’on trouve dans le nombreux pays de l’Union
européenne ; or un SMIC très faible, comme aux USA ou en Angleterre, a évidemment
moins d’effets pervers qu’un SMIC élevé comme en France. Les syndicats allemands,
dans un réflexe protectionniste, comprennent avant tout le SMIC comme une technique
pour écarter l’embauche de travailleurs à bon marché venus d’Europe centrale et
orientale. En sens inverse, les chrétiens-démocrates (CDU-CSU)
de la chancelière Angela MERKEL ne veulent pas suivre le SPD sur ce terrain. La
CDU considère, ce qui est parfaitement conforme à la science économique, que la
création d‘un SMIC inciterait les employeurs à ne pas créer d’emplois nouveaux ;
ce serait donc un facteur de chômage. Le patronat, unanime, est, selon Les Echos
« hostile à tout ce qui pourrait ressembler, de près ou de loin, à un salaire
minimum généralisé et fixé au niveau gouvernemental ». La fédération de l’industrie
allemande déclare que « pour rester compétitives, nos entreprises ne doivent
pas voir leurs coûts salariaux s’envoler ». Heureusement, l’entourage de
la chancelière « estime que la mise en place d’un salaire minimum serait
contraire au principe presque sacro-saint du refus du dirigisme économique ». Pour l’instant, la coalition a préféré mettre en
place une sorte d’impôt négatif pour les jeunes chômeurs acceptant un travail
mal payé. Certes, la coalition allemande nous a souvent habitués à de mauvaises
surprises. L’influence du SPD y est forte. Mais pour l’instant la CDU tient bon.
Voilà pourquoi, en l’absence de SMIC, le chômage recule mois après mois en Allemagne. Le 13 avril 2007
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