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Nous avons ouvert la semaine dernière le débat sur l’ignorance économique des Français, à l’occasion notamment d’un sondage qui montrait que la France était le seul pays au monde à rejeter l’économie de marché et de libre entreprise. Voici une nouvelle pièce à verser au dossier avec un sondage sur la concurrence réalisé par le CREDOC pour un séminaire de réorganisation de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Les choses commencent bien avec une question générale : « A votre avis, la concurrence entre les entreprises présente-t-elle plutôt des avantages ou plutôt des inconvénients pour le consommateur ? ». Plutôt des avantages : 80,3% (dont 93% pour les cadres, 65% pour les agriculteurs), plutôt des inconvénients : 13,89% (Ne sait pas 5,8%). Là où les choses se compliquent, c’est que si les Français aiment la concurrence, ils ne savent pas pourquoi et n’y trouvent concrètement presque aucun avantage économique. Le seul avantage qu’ils y voient, dans les deux tiers des cas, c’est que la concurrence permet une baisse des prix. C’est tout à fait exact : dans tous les secteurs où la concurrence étrangère ou nationale est vive, c'est-à-dire dans les secteurs ouverts à la libre installation, à la libre entrée, les prix baissent, alors qu’ils montent dans les professions fermées et sur les marchés protégés. Pour autant, ils ne font pas nécessairement le lien entre baisse des prix et hausse du pouvoir d’achat, alors qu’un auteur comme BASTIAT a montré que c’était le moyen le plus sûr pour promouvoir le pouvoir d’achat des salaires faibles en particulier. Plus étonnant, 14,4% des Français placent le fait que la concurrence favorise une baisse des prix parmi les principaux inconvénients de la concurrence pour le consommateur… Comprenne qui pourra. Mais pour le reste, que de confusions ! Il n’y a que 7% des Français qui pensent que la concurrence est l’occasion de créer des emplois et 3% pour dire qu’elle favorise la croissance économique. Le directeur de la DGCCRF commente : « Ces résultats montrent que les Français sont surtout sensibles aux avantages à court terme de la concurrence, mais qu’ils n’ont pas forcément intégré ses avantages à moyen et long terme ». Or c’est toute la différence que faisait BASTIAT entre un mauvais et un bon économiste. Le premier ne voit que les effets à court terme, le second voit aussi les effets à long terme. Et les Français interrogés d’insister sur les principaux inconvénients de la concurrence : elle détruit des emplois (26,6%), alors que toutes les expériences montrent que dès qu’un secteur (comme les services publics) s’ouvre à la concurrence, les entreprises et les emplois se multiplient, car la baisse des prix permet de multiplier la demande. On a créé des emplois au total dans le transport aérien ou les télécommunications et de toutes façon la baisse des prix dégage du pouvoir d’achat pour d’autres produits et permet donc de créer des emplois dans d’autres secteurs aussi. Autres inconvénients de la concurrence : pour 17,3% des Français, elle favorise surtout les entreprises étrangères. Mais les Français se demandent-ils pourquoi les entreprises françaises n’en bénéficient pas plus : quels sont les obstacles étatiques à leur développement ? Puis 14,4% citent comme inconvénient la baisse des prix, ce que nous avons déjà commenté, et 12,4% pensent que la concurrence réduit la qualité des produits, comme si le consommateur était un être ignare incapable de comparer les produits et comme si la concurrence ne se faisait pas aussi par la qualité. 10,9% pensent aussi que la concurrence favorise les grosses entreprises, ce qui ignore la réalité des marchés et le dynamisme des PME, et enfin 9,2% que la concurrence provoque des litiges avec les consommateurs. Sans doute préfèrent-ils les monopoles, qui ne laissent effectivement guère de place aux litiges et à la contestation, puisqu’on ne peut aller voir ailleurs. Enfin, cerise
sur le gâteau, les deux tiers des Français pensent que les administrations
n’interviennent « pas assez » dans le domaine de la concurrence,
alors que la concurrence se développe au contraire quand l’Etat se retire,
que ce soit au sein des professions, aux frontières, dans le mécanisme
des prix ou ailleurs. Bref, il reste encore du travail pour réconcilier
les Français avec l’économie. Raison de plus pour faire connaître
Le 6 Avril 2006
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