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PUISSANCE INTELLECTUELLE DU LIBERALISME Yves Roucaute a écrit un
ouvrage remarquable « Puissance de la Liberté » (édité par les
Presses Universitaires de France). Son thème : la liberté est inscrit
dans la nature de l’homme créateur, et pour cette raison elle domine l’histoire
et finira par triompher. C’est cette foi profonde dans la liberté qui
a animé les débats de cette Assemblée Générale annuelle de l’ALEPS.
Cela pourrait paraître paradoxal
au moment où la cote du libéralisme est si basse en France, par exemple
si l’on en juge d’après les propos de Jacques Chirac : « Le
libéralisme serait aussi dangereux que le communisme ». A l’entrée
de la salle les participants se voyaient remettre un extrait du long discours
de Jacques Chirac à l’ALEPS « Le libéralisme
n’est pas un choix, c’est une nécessité » et encore « Le drame
du libéralisme en France, c’est que le libéralisme n’a jamais été appliqué
en France ». On précisait que c’était le Chirac cuvée 1984, un bon
millésime. Le paradoxe n’était pourtant qu’apparent. Car si le
libéralisme est rejeté par la classe politique française à la quasi-unanimité
(en dehors d’Alain Madelin, une exception notable est celle d’Hervé Novelli, Président du groupe des réformateurs à l’Assemblée, qui a honoré l’Assemblée
de sa présence), ce même libéralisme inspire des travaux intellectuels
d’une haute qualité. Plus ils deviennent minoritaires, plus les libéraux
semblent être brillants. C’est ce que l’on a perçu avec l’intervention
de la plupart des auteurs dont les ouvrages avaient été sélectionnés par
le jury du Prix du Livre Libéral. Jacques Bourdu et Michel Brulé
ont présenté leurs études respectives sur la réforme fiscale à entreprendre,
qui suppose la remise en cause totale de notre concept de « services
publics », ruineux, injuste et anachronique. Jacques de Guenin dénonçait la collusion entre les marxistes d’ATTAC et les princes qui nous gouvernent, avec un Président
converti à l’altermondialisme et à la taxe Tobin
(qu’íl est allé prêcher au Japon). Pierre Rigoulot, Guy Millière et Yves Roucaute faisaient l’analyse de l’anti-américanisme, déconnecté
totalement de la réalité, entretenu par la désinformation. Il ne se comprend
qu’à la lumière d’une psychanalyse de la France, et notamment de ses intellectuels,
faite avec brio par Thierry Wolton : tout
cela vient de loin, notre pays n’est toujours pas guéri de l’effondrement
de ses valeurs morales et spirituelles dans l’entre deux guerres et pratique
une fuite en avant dans l’orgueil national pour retrouver une grandeur
perdue à jamais. Le jury, présidé par Pascal Salin, avait confié à Maître
Patrick Simon le soin de couronner les trois lauréats : le prix du
Livre Libéral à Michel Brulé et Michel Drancourt
pour « Service Public, sortir de l’imposture » (JCLattès),
et le prix spécial du jury à Guy Millière pour
l’ensemble de ses œuvres (Pourquoi Bush sera réélu, l’Amérique monde,
Ecrits Personnels de Reagan, etc.). Ainsi la puissance intellectuelle du libéralisme est-elle apparue dans
tout son éclat avec ces œuvres, avec ces discours. Voici de quoi se réjouir :
reprenant le thème d’Yves Roucaute, Jacques
Garello concluait sur la puissance de la liberté,
une puissance qu’il faut savoir servir par un engagement civique plus
intense, pour réveiller cette « société civile » dont Tocqueville
a démontré qu’elle était la seule garantie d’une démocratie durable. Tocqueville
sera présent dans les initiatives des libéraux de l’ALEPS
cette année, puisqu’à l’occasion du bicentenaire de sa naissance, la XXVIII°
Université d’Eté se tiendra à Aix (du 28 au
31 août) sur le thème de « Tocqueville et le rôle de la société civile
dans la démocratie ». Pour le reste, l’Assemblée a approuvé les rapports
financier et moral présentés respectivement par Georges Lane,
trésorier, et Jacques Garello, Président, et
a coopté un nouvel administrateur en la personne de Mathieu Laine, cheville
ouvrière du jeune et dynamique Institut Turgot. Une
belle fête au total, à laquelle a participé une centaine d’adhérents et
de sympathisants, qui auraient bien aimé prolonger la soirée alors que
s’amorçait un débat de qualité sur le referendum : il semblerait
qu’en dépit de l’argumentation d’Hervé Novelli
le non l’aurait emporté dans les choix des quelques intervenants qui ont
eu le temps de s’exprimer.
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