![]() |
||||||||||||
|
L’IFRAP publie régulièrement d’excellentes études. Celle qu’il vient de faire paraître sur son site, sous la signature d’Alain MATHIEU (Société civile N°33) est particulièrement bienvenue, car elle est consacrée à la désinformation dans l’enseignement de l’économie dans les lycées. Au moment où certains attaquent le jury d’agrégation d’économie pour « ultralibéralisme », il faut voir au contraire comment l’enseignement de l’économie est la chasse gardée du marxisme. C’est vrai tout d’abord dans la définition même des programmes (qui sont définis pour la France entière et approuvés par le comité national des programmes, longtemps présidé par Luc FERRY, avant qu’il ne fût ministre, et qui paraissent au Bulletin Officiel). C’est ainsi qu’on lit dans le programme officiel de terminale : « On soulignera que les mécanismes du marché peuvent se révéler défaillants, auquel cas la demande ne suit pas l’offre et le chômage se développe… On pourra montrer que la flexibilité (du travail) devient défavorable (à l’emploi) quand elle conduit à une amplification des inégalités… On discutera de la qualification des mouvements sociaux (qui sont en) opposition à une situation dominante… En prenant un exemple dans le contexte européen -celui de la politique de protection sociale - on soulignera la nécessité de l’action publique pour maintenir et accroître la cohésion sociale… La permanence de la précarité de l’emploi, le maintien voire l’augmentation des inégalités de revenus ont conduit au retour de l’analyse en termes de classes sociales ». Voilà en effet un beau programme, bien objectif, marxiste à 100%, que ne renierait pas ATTAC, voilà ce que doivent contenir les manuels et enseigner les professeurs ! D’ailleurs tout ici mériterait d’être cité en détail. Par exemple, pour la mondialisation, « on s’interrogera sur les effets contrastés que l’internationalisation des échanges peut avoir sur les inégalités et avantages sociaux ». Les programmes
de première ne valent pas mieux : « Adapter une conception
réaliste des classes sociales, dans laquelle les conflits jouent un
rôle central… On montrera que le marché peut être défaillant parce qu’il
ne permet pas la production de certains biens et services… On mettra
en évidence l’existence des biens collectifs que le marché ne prend
pas spontanément en compte… L’enseignement s’appuiera sur la comptabilité
nationale comme outil d’analyse et de représentation du fonctionnement
de l’économie ». Quant au programme de seconde, il précise : « dans un souci de ne pas alourdir le programme, l’épargne et le profit ne feront pas l’objet de développement particuliers… On soulignera les inégalités de revenus primaires pour introduire la notion de système redistributif ». Voilà de quoi favoriser l’enseignement de l’altermondialisme et de la vulgate marxiste. Les manuels vont-ils corriger cette désinformation ? C’est l’inverse et ils en rajoutent encore une couche. L’article de l’IFRAP fait référence à deux d’entre eux, utilisés en terminale, dont celui publié chez Nathan. Tout est vu dans des lunettes déformantes. C’est ainsi qu’il y a 19 pages de critiques sur l’action des multinationales, alors que le rôle de l’entreprise est par ailleurs ignoré. Pas question de parler des actions ou de l’offre et de la demande. Par contre, les élèves ont droit à de longs développements sur la définition de l’habitus chez BOURDIEU ; ils apprennent que la taxe TOBIN est une « bonne politique » et les citations les plus fréquentes viennent de revues altermondialistes telles qu’Alternatives Economiques. Aucune citation de MARX ou de KEYNES n’est épargnée aux élèves, alors que les libéraux comme BASTIAT ne sont jamais cités. HAYEK est ignoré. Rien sur l’expérience communiste et son échec total. En revanche, l’antiaméricanisme est bien présent : on y souligne « une tendance inquiétante au délitement des liens sociaux » avec accroissement des distances entre groupes sociaux. L’enfer américain est bien là. Par ailleurs, le protectionnisme est bien entendu justifié. Voilà de quoi former de bons militants d’ATTAC. Et le plus scandaleux n’est pas à nos yeux les manuels, mais les programmes approuvés par le gouvernement, puisque publiés au BO. Il est vrai que les finalités de cet enseignement sont bien définies par ce Bulletin Officiel de l’éducation nationale « concourir à la formation du citoyen » (pas préparer les élèves à la vie en entreprise, bien sûr, ce serait faire le jeu des patrons). Mais quel citoyen veut-on former ? Celui qui votera à gauche, fera des analyses marxistes, adhérera à la CGT et militera à ATTAC ? Tout un programme. Merci à l’IFRAP de nous avoir rappelé ces vérités indiscutables. Bien entendu, le scandale, c’est la main mise des libéraux sur l’agrégation d’économie, n’est-ce pas ? Rien à voir avec la formation du citoyen si bien faite dans les lycées. Car, elle va dans le sens de l’histoire.
| ||||||||||||