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PAS D’ABSTENTION CHEZ LES IRAKIENS A la différence des Français, et peut-être parce qu’ils font leurs premiers pas dans la démarche démocratique, les Irakiens ont largement participé aux élections générales qui doivent donner la composition de leur Assemblée Nationale et de leur gouvernement. La consultation a eu lieu le 7 mars, et 62,7 % des Irakiens y ont participé. Ce pourcentage est inférieur à celui des précédentes élections législatives (en 2005 il avait été de 76 %) mais il faut rappeler qu’Al-Queida avait menacé de mort les électeurs qui se rendraient aux urnes, et que plusieurs attentats avaient été commis à la veille du vote. Ce résultat n’a pas été commenté comme il convenait dans les médias français, alors même qu’il apporte un démenti cinglant à tous ceux qui, par haine de George W.Bush, niaient la possibilité de voir la démocratie s’installer en Irak. Certes, le pays est toujours soumis aux attaques terroristes, mais la vie économique et politique a repris vigueur au cours de ces derniers mois, et les Irakiens reprennent espoir. Pour autant, les problèmes de fond ne sont pas réglés : d’une part le séparatisme kurde, d’autre part l’hostilité radicale entre chiites et sunnites. Mais ces tensions pourraient se régler par la voie démocratique plutôt que les armes à la main. Les difficultés sont nombreuses, et les tractations sont en cours entre les trois forces politiques en présence. Le Premier Ministre sortant, Nouri el Maliki, à la tête de l’AED (Alliance de l’état de droit, un nom bien sympathique au demeurant !), représente surtout les chiites ; il n’a pas obtenu la majorité des voix et ne peut gouverneur seul. Son principal adversaire, Iyad Allaoui, ancien Premier Ministre, a mené à la victoire le « bloc irakien », composé de chiites, de sunnites et d’autres minorités ; il passe pour « laïc » et il est l’héritier intellectuel des partis baas qui gouvernaient la région (Syrie, et Irak de Saddam Hussein), tout en ayant le soutien de l’Arabie Saoudite. Enfin l’alliance kurde, qui a remporté le scrutin dans le nord du pays comme il se doit, est en position d’arbitre, et l’attitude du Kurdistan sera déterminante. Le 24 Mars 2010
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