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FIN DE LA ZONE EURO ? La faillite de l’Etat grec aura été importante non pas en elle-même – puisque le montant de la dette publique grecque (20 milliards d’euros à rembourser avant fin mai) est en soi modique – mais parce qu’elle aura révélé la difficulté de faire fonctionner la zone euro dans un contexte de crise. C’en est au point que certains s’interrogent sur la survie de l’euro lui-même. Nous l’avons déjà dit, nous le répétons : l’union monétaire autour de l’euro impliquait de la part des Etats membres le respect d’une grande discipline budgétaire. Les finances publiques représentent en effet un danger permanent pour la stabilité monétaire, car les Etats en déficit sont toujours tentés de s’en sortir en s’endettant, et en demandant à la banque centrale les crédits dont ils ont besoin. Voilà pourquoi tous les pays de l’Euroland avaient signé le pacte de stabilisation, par lequel ils s’engageaient solennellement à renoncer aux déficits et à l’endettement. On sait ce qu’il en est advenu avec la crise, et la folie de la relance budgétaire a gommé toutes les promesses, les Allemands eux-mêmes ont renoncé à leur traditionnelle prudence, et Grecs, Irlandais, Portugais, Espagnols, mais aussi Français ont en quelque six mois dépassé les limites du raisonnable, du remboursable. La zone euro est en danger interne : les uns, comme les Allemands et les Scandinaves, veulent revenir progressivement à la rigueur, les autres, dont la France est le porte parole, veulent une sortie de crise par les bas fonds, c'est-à-dire par l’inflation. Cette contradiction s’est cristallisée autour de la conduite à tenir à l’égard de la Grèce. D’un côté un refus de soutenir les Grecs à n’importe quel prix, les renvoyant à leurs responsabilités, de l’autre un appel à la solidarité européenne pour permettre aux Grecs d’échapper aux griffes des « spéculateurs », c'est-à-dire du marché financier international. Le conflit entre Berlin et Paris s’est cristallisé cette semaine autour du projet de création d’un Fonds Monétaire Européen (FME), institutionnellement calqué sur le FMI : les Etats adhérents feraient un apport au Fonds, et auraient un droit de tirage dépendant de cet apport, mais avec une possibilité de « tirages spéciaux » au-delà de leur apport. Les Allemands sont plutôt en faveur, car cela empêcherait les Grecs d’obtenir des crédits, voire même d’adhérer au Fonds, les Français sont tout à fait opposés, car ils craignent une domination du Fonds par les Allemands, dont la santé économique et financière se reconstitue assez vite : « Il n’en est pas question », a dit Madame Lagarde, qui est plutôt en faveur d’un « sauvetage » de la Grèce. Implicitement, c’est bien la survie de l’euro qui est en cause, car le rôle de la Banque Centrale Européenne serait désormais mineur par rapport à celui du FME, transformé en banque pour etats clients vertueux. Mais la zone euro est aussi
en danger externe. En effet, les pays lourdement endettés, comme la
France, ne peuvent se sentir à l’abri parce qu’ils sont moins endettés
(en proportion) que la Grèce ou l’Espagne. Ils sont, qu’on le veuille
ou non, à la merci des marchés financiers. Là-dessus se greffent aussi les ambitions du FMI, considéré par certains comme l’ultime recours. En fait le FMI, qui n’a aucune moyen efficace d’intervenir, voudraient pourtant se charger de renflouer les Etats fragiles de l’Euroland. Financer ce renflouement par une nouvelle dose d’inflation n’effraie pas les «experts » du FMI. Il ne semble pas que les Européens, Allemands ou Français, soient décidés à faire régler le problème de la dette publique par Dominique Strauss Khan, que l’on remerciera pourtant pour sa sollicitude. Le 24 Mars 2010
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