LA JOURNEE DE LA FEMME A ETE DIGNEMENT CELEBREE


Jacques Garello

 

Lundi dernier était la journée de la femme. Elle a été marquée par de nombreux discours, diverses émissions de radio et de télévision. Mais tout le monde s’accorde pour reconnaître que le clou de la journée a été l’initiative de Madame Bachelot pour rembourser largement l’IVG dans le but avéré d’attirer plus de praticiens vers un acte « médical » pour lesquels ils sembleraient n’avoir que peu d’attrait.

J’ai déjà beaucoup de mal à accepter le langage codé utilisé par les journalistes et experts qui parlent de l’avortement à mots couverts. Il s’agit, dit-on par exemple, de « prendre en charge les grossesses non désirées » : c’est une prise en charge qui ressemble à une évacuation. Par « grossesses non désirées », on laisse entendre que l’IVG se limite à des cas extrêmes comme les viols ou tares héréditaires. Le vrai propos est de rendre l’avortement accessible et confortable, alors qu’il est un drame. Mais, dit Madame Bachelot, il s’agit de tirer les leçons de l’échec des pratiques de contraception, le « tout pilule » n’étant pas assez efficace. Quelle pratique veut-elle encourager ? La pilule du lendemain ? La stérilisation ? Ou l’abstinence ?

Je suis surtout révolté par le fait que je paye des impôts pour rembourser un acte que je réprouve. Comme beaucoup de personnes se réclamant du libéralisme, je suis « pro life », je veux défendre la vie de tout être humain vivant, et l’embryon en est un. Je conçois que d’autres personnes soient « pro choice », bien que le choix consistant à tuer dans l’œuf un être humain me paraisse assez contraire au droit naturel. Mais je n’admets pas que l’Etat les subventionne, d’autant plus que ce problème vital (c’est le cas de le dire) n’a jamais été soumis à un vote populaire éclairé, et que la loi Veil a été votée par une majorité de circonstance, plusieurs parlementaires de droite ayant joint leurs voix aux parlementaires de gauche unanimes.

Je vois dans cette initiative une nouvelle attaque contre la sphère privée, l’Etat s’arrogeant le droit d’intervenir dans des questions qui relèvent avant tout de la conscience personnelle, souvent éclairée par la foi religieuse. Conscience, foi : s’agirait-il de les exclure de la République ? Voilà un autre avortement intolérable.

Le 17 Mars 2010

   
 
 
 

 

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