QUE FAIRE DE 700.000 AGRICULTEURS ?


Ils ne sont plus que 700.000 en France, représentant 2,4% de la population active (contre 79% en 1.900). Ils se demandent à juste titre le sort qui les attend, ils ont souvent investi leur patrimoine, leur famille et leur vie dans une activité qui a sa noblesse, mais qui ne nourrit plus son homme. Ce drame est humain en même temps qu’économique.

Tout cela a été bien perçu au cours du Salon de l’Agriculture qui ferme ses portes. Nicolas Sarkozy viendra sans doute porte de Versailles pour faire les promesses habituelles, faciles ou fallacieuses : des aides financières, des moratoires, des tractations avec Bruxelles. Mais l’Etat protecteur est-il en mesure de soustraire quiconque aux lois du marché ? Les Américains eux-mêmes, pourtant dotés d’un grand pouvoir de négociation, ne peuvent plus défendre leurs paysans contre le reste du monde, et le « cycle de Doha » va bientôt se terminer, peut-être par un accord sur le libre échange mondial des produits agricoles, peut-être par l’ouverture d’un autre cycle : on recule les échéances, mais elles seront là.

Les Etats, France en tête, ne veulent pas admettre les deux seules solutions que l’on peut espérer pour les agriculteurs :

- la solution économique, qui consiste à assortir la production agricole d’autres activités rurales, qui pourraient constituer un secteur en forte expansion avec le vieillissement de la population drainant des millions de retraités vers la campagne, et avec le développement des bourgades et petites villes promises à une renaissance certaine ; la désertification ne menace pas.

- la solution sociale, qui consiste à subventionner les personnes, mais pas leur activité agricole ; cette mutation est à la base de la nouvelle politique agricole que les Européens ont définie, mais les Français s’y refusent. Les paysans ne veulent pas vivre de la solidarité nationale. Il ne s’agit pas de cela, mais de rémunérer par un effort national les services environnementaux que rendent les paysans dans les campagnes.

Voilà sans doute ce que l’on peut proposer pour les 700.000 agriculteurs français, au lieu de les rassurer par beaucoup de promesses et un peu d’argent, jusqu’à la prochaine manifestation.

Le 10 Mars 2010

   
 
 
 

 

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