SECRET BANCAIRE : LES SPIN DOCTORS ONT PIÉGÉ LES SUISSES


« Spin doctors », vous connaissez ? Il s’agit de spécialistes de la communication payés pour infléchir l’opinion par des techniques de manipulation et amener le public à penser d’une certaine manière. Vous le voyez : on n’est pas très éloignés des espions russes !

Ces spin doctors ont été dénoncés dans un article récent par Pierre Bessard, dans les colonnes du journal économique de Genève l’Agefi. On peut lire le texte intégral sur le site irefeurope.org, (Pierre Bessard est l’un des directeurs de recherche de l’IREF), mais en voici un extrait : « Dans la controverse actuelle sur le secret bancaire, les attaques contre la Suisse, parfois d’une virulence déconcertante, s’apparentent de plus en plus clairement à de la manipulation et à de la propagande. L’hebdomadaire Newsweek a annoncé récemment «la fin de la Suisse» dans un article destructeur signé d’un parlementaire travailliste britannique. Dans la presse allemande, la Suisse a été qualifiée d’«Etat-voyou» (Süddeutsche Zeitung), de «tache noire sur la carte du monde» (Die Zeit) et même d’«ennemi interne de l’Europe» dans un article intitulé «Les Indiens jodlent dans leur forteresse alpine», publié dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung ».

Les spin doctors utilisent des méthodes démasquées par une psychologue, Judith Barben, qui a écrit un ouvrage sur le sujet, prochainement traduit en français. Parmi ces méthodes, il y a évidemment la diffamation, mais aussi le terrorisme intellectuel, la discrimination négative, et le déterminisme. Diffamation : la Suisse complice des trafiquants de drogue. Terrorisme intellectuel : il y a un consensus mondial contre le secret bancaire, vous ne pouvez pas aller à l’encontre de cette idée. Discrimination négative : vous êtes les seuls de votre espèce, la Suisse est un « réduit », elle souffre de « sa solitude », mieux encore « de son insularité » (sic). Déterminisme : on ne peut pas inverser le sens de l’histoire, le secret bancaire est « obsolète », « réactionnaire », il « appartient au passé », « il n’y a pas d’alternative ».

Ces méthodes sont efficaces et terrifiantes. Elles ont produit leur plein effet : sous la pression de l’opinion publique, les conseillers fédéraux ont préféré « coopérer », et trahir l’un des principes les plus anciens de leur démocratie.

Pour autant, ne peut-on les neutraliser ? Judith Barben pense que oui : «Il suffit généralement que quelqu’un ait le courage de dire calmement mais à haute voix qu’il n’est pas d’accord». Alors, les gens sous hypnose sortent de leur sommeil.

La conclusion s’impose : vive le politiquement incorrect !

Le 10 Mars 2010

   
 
 
 

 

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