REVENIR AU CAPITALISME


Précipitez-vous chez votre libraire, allez en ligne sur Amazone : il vous faut acheter et lire l’ouvrage que Pascal Salin vient de publier aux éditions Odile Jacob sous le titre  « Revenir au capitalisme », avec pour sous titre « Pour éviter les crises ».

Vous aurez dans ce livre petit par son volume et grand par sa densité une explication totale de la crise que nous avons vécue, et de la seule sortie de crise sérieuse : retour au marché, au libre échange, à la libre entreprise, et recul de l’Etat, des politiques monétaires et budgétaires, et de la « coopération internationale » qui nous ont mené là où nous en sommes.

Au moment où le doute s’empare de la plupart des esprits, quelques certitudes présentées avec simplicité et profondeur font du bien.

 Non, ce n’est pas la crise du capitalisme

Comme en 1929 on a eu tôt fait d’étiqueter la crise de 2008-2009 comme une « crise du capitalisme ». Dans les deux cas, c’est une erreur, ou souvent même un mensonge. « Les causes principales de la crise proviennent de l’interventionnisme étatique ». En accusation, aujourd’hui comme au siècle dernier : avant tout la politique monétaire américaine, la FED ayant joué sans arrêt sur les taux d’intérêt, créant des illusions de croissance généralisée alors que la réalité économique condamnait, à l’époque comme à toutes les époques, une évolution de l’activité des entreprises, une adaptation aux changements permanents. Mais comment percevoir les nouvelles orientations quand les signaux des prix ont été brouillés par la politique monétaire, quand le taux d’intérêt n’a aucune signification, arbitrairement trop élevé ou trop faible, quand le salaire est réglementé par des minima dits sociaux créateurs de chômage ?

A cette première responsabilité des Etats s’en ajoute une deuxième : le soutien artificiel du marché immobilier pour cause de justice sociale. N’est-il pas juste que tout le monde puisse devenir propriétaire de son logement, et s’endette pour des montants qu’il ne pourra jamais rembourser ? C’est bien ce qui s’est passé avec les « subprimes » de Fanny Mae et Freddy Mac, garanties par l’Etat. Pascal Salin détaille l’acte d’accusation des Etats.

 De nouvelles règles du capitalisme mondial

C’est ce qu’a voulu mettre en place le G20. Il y a, dit Pascal Salin, « de quoi s’esclaffer ou s’effrayer. Comment vingt individus sans autres compétences particulières que celles qui consistent à faire de vagues promesses pour se faire élire, peuvent-ils avoir la prétention inouïe de modifier en quelques heures de réunion un système qui a mis des siècles à s’élaborer, qui est en évolution constante et qui est le fruit des décisions et des actions de quelques milliards d’individus ? ».

Pourtant les hommes de l’Etat ont eu la présomption de maîtriser la crise. Ils ont appliqué les vieilles recettes keynésiennes, et ont pratiqué des politiques de relance qui n’ont abouti qu’à accroître le chômage, les impôts et l’endettement, certains ont fui dans les dévaluations monétaires. Parallèlement une attaque a été menée contre la finance au nom de la moralité. Mais à l’image du système Madoff, les banques ont été rendues irresponsables par l’Etat Providence qui les a privées de fonds propres. Pascal Salin propose au cœur de son analyse une comparaison saisissante entre le modèle économique traditionnel, et le modèle « moderne » marqué par l’intervention publique. La différence principale : la place de l’épargne. Dans le modèle traditionnel l’épargne est abondante parce que l’Etat Providence n’existe pas, les gens préparent eux-mêmes leurs couvertures en vue de la retraite, de la maladie, du chômage. Donc les banques disposent de fonds propres importants constitués avec cette épargne, et gèrent avec la plus grande prudence ce qui est propriété privée. Dans le modèle moderne, l’épargne s’effondre parce que l’Etat prend les individus en charge, et les banques ne disposent que de créances qu’ils transforment en d’autres créances. 

Le capitalisme est stimulant

La seule solution pour éviter les crises est de respecter les principes du capitalisme. « C’est un système d’organisation spontanée des individus reposant sur le respect de la propriété privée légitime et la liberté des contrats ». La solution est donc du côté du libre échange, du recul de la réglementation, de la fin des ingérences étatiques : toutes les bases du libéralisme telles que les ont magnifiquement exposées les économistes de l’école autrichienne, et que je ne cesse avec Pascal de rappeler, d’expliquer et de promouvoir depuis quelque quarante ans.

Aux pages pédagogiques de l’ouvrage se juxtaposent quelques pages très polémiques pour dénoncer l’ignorance, l’incompétence, et l’hypocrisie des princes qui nous gouvernent.

Comme il se doit pour un libéral, Pascal Salin termine son livre par une référence à l’éthique du libéralisme : avec le capitalisme c’est la liberté, la propriété et la responsabilité que nous défendons.

Le 3 Mars 2010

   
 
  

 

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