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Il
y a le socialisme d’Etat ; il y a le socialisme communal. Mais entre les
deux, il y a aussi le socialisme régional. Un exemple nous est fourni en ce moment
avec la question de l'ouverture à la concurrence des lignes régionales de trains.
On sait que les lignes internationales sont déjà ouvertes à la concurrence pour
les marchandises et vont l’être bientôt pour les passagers. Mais la situation
est beaucoup plus confuse pour les lignes régionales. En effet, le texte de loi
en discussion au parlement, visant à transposer en droit français les directives
européennes sur ce point, ne prévoit rien en matière de libéralisation des liaisons
régionales. Ainsi,
le gouvernement français -et le législateur- n’ont rien à dire en matière de libéralisation
du marché des TER. Mais un expert interrogé par Les Echos fait valoir que les
régions pourraient, en matière de transport public, « s’appuyer sur
le règlement européen sur les obligations de service public (ROSP 130/2007) pour
faire appel au transporteur de leur choix à compter du 3 décembre prochain ».
Encore faudrait-il que les régions le veuillent. Et que le gouvernement et la
SNCF ne plaident pas en sens contraire en disant que ce règlement porte sur les
règles de procédure sans imposer d’ouverture à la concurrence. L’Etat et la SNCF
sont très forts pour conforter le monopole de celle-ci. Mais l’expert ajoute qu’on
peut « aussi comprendre que ce texte permet à une autorité organisatrice
de décider à son niveau d’une mise en concurrence pour le choix du transporteur
avec lequel elle va contracter ». La
plupart des régions (dont les transports locaux dépendent), dirigées par des socialistes,
font tout pour conforter le monopole de la SNCF. La Basse-Normandie, qui avait
fait savoir son mécontentement pour service non assuré au niveau prévu, s’est
empressée de reprendre ses paiements en finançant elle-même le matériel supplémentaire.
Martin Malvy, président PS de Midi-Pyrénées, responsable transport à l’association
des régions de France, affirme que « la libéralisation n’est pas gage de
services plus efficaces et moins chers, comme on peut le voir dans les pays qui
l’ont expérimentée ». Manifestement, il a le regard un peu sélectif et affirmer
qu’un monopole rend de meilleurs services que la concurrence est tout de même
étonnant. Cela doit figurer dans un manuel d’économie socialiste. Pendant
ce temps, l’Alsace (UMP), mais aussi Rhône-Alpes
(PS) ont plutôt l’air de pencher vers la concurrence.
Du coup, le GART (Groupement des autorités responsables de transport) a pris la
solution courageuse de « laisser toute latitude aux régions »…Mais Les
Echos font état d’autres résistances : techniques (transférer matériels et
cheminots au nouvel exploitant, ce qui n’a rien d’insurmontable) et surtout politiques
(« le risque de déclencher une grève dure
à la SNCF »). Voilà ce qu’on appelle un argument incontournable. Que
la concurrence soit bénéfique pour le client, peu importe ; mais qu’elle
puisse faire de la peine aux syndicats, voilà qui est en effet un obstacle insurmontable.
Et pourtant, il a été démontré qu’avec la concurrence, on pourrait sauver de petites
lignes menacées par les surcoûts du monopole. Mais quelle importance ? Seul le syndicat est gardien du « bien commun » ;
les clients, eux, ne sont que des égoïstes qui cherchent le meilleur service au
meilleur prix.
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