![]() | |||||||||||||||
|
Cela fait partie de ces « petites »
informations, qui prennent moins de dix lignes dans un quotidien et qui semblent
n’intéresser que quelques spécialistes. En réalité, elles en disent long sur l’exception
française. Cette fois-ci, il s’agit de la question du financement des laboratoires
de biologie. Cette question a été discutée dans le cadre de la loi Bachelot sur
la réforme du système de santé, si contestée par ailleurs (par exemple à propos
des « déserts médicaux »). La question était assez simple : les
laboratoires d’analyses médicales doivent-ils pouvoir ouvrir totalement leur capital
aux investisseurs ? C’est bien entendu une demande des autorités
de Bruxelles, au nom de la libre concurrence et de la libéralisation de l’économie.
Il y a déjà un moment que Bruxelles met la pression pour que la France accepte
cette ouverture, qui existe dans de nombreux pays. Dès le mois de novembre, une
perquisition avait eu lieu, par les autorités bruxelloises, dans les locaux de
l’Ordre des pharmaciens. La Cour de justice de Luxembourg a également été saisie.
Mais comme les délais de la justice européenne sont longs (en gros dix-huit mois),
en attendant c’était à Paris de décider s’il fallait obtempérer ou non. Dans un premier temps, le texte de Roselyne
Bachelot prévoyait cette ouverture du capital. C’était inéluctable par exemple
pour le directeur du groupe Labco, interrogé par Les Echos : « Le mouvement
est inéluctable. Sans ouverture du capital, les laboratoires ne pourront pas financer
les investissements nécessaires à leur modernisation ». C’est en effet un
secteur qui nécessite beaucoup d’investissements pour rester compétitif et tenir
compte des progrès permanents : comment financer ces investissements sans
apport extérieur de capitaux ? Mais c’était compter sans le puissant lobby
d’une partie des biologistes. Ils ne voulaient pas entendre parler de financement
extérieur, puisque actuellement seul un pharmacien ou un médecin peut détenir
plus de 25% d’un labo. En ouvrant le capital, on favoriserait les possibilités
de regroupements, les économies d’échelle, la concurrence, pour atteindre une
taille optimale et rendre un meilleur service à moindre coût. Mais les biologistes,
comme beaucoup d‘autres professions, n’aiment pas une remise en cause de leurs
habitudes. R. Bachelot et le gouvernement les ont entendus.
Il n’y aura pas d’obligation d’ouvrir totalement le capital des labos aux
investisseurs. « Nous sommes satisfaits » dit le président du syndicat
des biologistes. Mais que se passera-t-il quand
| |||||||||||||||