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La crise actuelle a
aussi une dimension éthique. Les Etats et les banques centrales ont fait preuve
d’irresponsabilité et d’immoralité, prêtant un argent qui n’existait pas, pratiquant
de faux prix, faisant payer la facture aux contribuables d’aujourd’hui et de demain,
et fabriquant de la fausse monnaie. Mais voici que les
braves gens de la « France d’en bas » s’y mettent à leur tour. C’est ce qui se passe
avec les « pique-nique sauvages» dans les supermarchés. Il y en avait
déjà eu plusieurs à Rennes, Grenoble ou Paris, et récemment dans un supermarché
Casino du XX° arrondissement. Pique-nique, c’est sympa. On en oublie le sauvage.
Il s’agit en effet d’envahir une grande surface et de se servir dans les rayons.
Mais tout aura bien été organisé par des associations comme le DAL (Droit au logement),
AC (Agir contre le chômage), l’Appel et la Pioche, Stop précarité et la Coordination
des intermittents et précaires d’Ile de France… C’est l’esprit de ces
pique-nique qui est également sympa. Une banderole proclamait « Nous ne paierons
pas votre crise ». La dépêche AFP, reprise par le Monde, rapporte ces propos :
« Nous organisons aujourd’hui ce pique-nique parce que ceux qui nous dirigent
veulent nous faire payer leur crise, tout comme à l’immense majorité des salariés.
Mais nous ne payerons pas ». Poursuivant leur logique de « service gratuit »,
ils ont donc « offert » aux clients qui passaient par là des gâteaux,
des apéritifs, des jus de fruits, pour qu’ils puissent les « déguster gratuitement »
selon l’expression reprise par le journal du soir. Le Monde parle encore « d’une
heure de pique-nique festif », se terminant par la dispersion des militants
sans interpellation : tout est bien qui finit bien, il s’agissait d’une amusette. Nous nous permettons
de ne pas être d’accord et de rappeler quelques points de cette éthique élémentaire
en voie de disparition. Il y a d’abord de la part des associations gauchistes
l’irresponsabilité et le total mépris de l’ordre social. Un coup de force bien
organisé, orchestré, médiatisé, le pouvoir de la force brute contre l’état de
droit : c’est la méthode de certains
syndicats noyautés par les trotskistes et autres anti-capitalistes : le droit
bourgeois et la démocratie formelle n’ont aucune importance. Ici les pouvoirs
publics récoltent ce qu’ils ont semé, en considérant tous ces groupes subversifs
comme des interlocuteurs valables. Ensuite, il y a la
disparition quasi-totale de la notion fondamentale de droit de propriété :
on entre dans un magasin, on se sert, on « offre » aux autres et le
tour est joué. Pourquoi se gêner, puisque, au plus haut niveau, on ne cesse de
porter atteinte au droit de propriété par des réglementations paralysantes, des
impôts confiscatoires, voire des nationalisations comme aujourd’hui, au prétexte
de la crise ? Puisque la mode est à « la gratuité » (des soins,
de l’enseignement, des services publics,…), pourquoi payer ? Enfin, la banalisation
du vol est légitimée par la crise. L’article que nous évoquons est sur-titré :
« Pouvoir d’achat ». Le pillage d’un magasin n’est donc plus à classer
dans la rubrique des faits divers, mais dans la rubrique économique et sociale,
sous le nom de « pouvoir d’achat ». Pour avoir « droit » à
un pouvoir d’achat, il suffit de voler. Saint Paul disait à ses contemporains :
« Que celui qui ne travaille pas, ne mange pas non plus ». Encore un
ultralibéral, ce Saint Paul ! Le 11 mars 2009
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