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Puisque notre Président tout-puissant n’écoute
que les socialistes, ne nomme que des socialistes, ne fait qu’une politique socialiste,
nous nous sommes replongés dans les grandes œuvres socialistes du 19° siècle et
tout particulièrement chez Proudhon, souvent considéré comme le père du socialisme
autogestionnaire cher à la Yougoslavie du maréchal Tito, à la jeunesse de Michel
Rocard quand il était au PSU et à la CFDT avant qu’elle ne devienne réformiste
(au point de réformer même la langue française, comme Jacques Garello nous l’a
fait observer il y a quinze jours). Voici ce qu’on trouve dans son livre « Idée
générale de la Révolution au XIX° siècle » (Garnier, 1851, pp 437-439) : « L’Etat, organisme de convention,
essentiellement parasite, distinct du peuple, en dehors et au-dessus du peuple,
recevant du peuple mandat à la fois général et spécial, l’Etat, n’ayant lui-même
ni science, ni idées, y supplée par la loi » (…). « Pourquoi maintenant
nous ne voulons pas de l’Etat, ni dans l’organisation de la Banque nationale,
ni dans l’exercice d’aucune fonction et d’aucune industrie, il est facile de le
comprendre ». « Nous ne voulons pas de l’Etat dans
la Banque : à quel titre pourrions-nous en vouloir ? La Banque n’a-t-elle
pas reçu son institution du peuple ? (…) Nous ne voulons pas de l’Etat, parce
que l’Etat, soi-disant mandataire ou serviteur du peuple, par procuration générale
et illimitée des électeurs, n’existe pas plus tôt qu’il se crée à lui-même un
intérêt à part, souvent contraire à l’intérêt du peuple ; parce que, agissant
alors dans cet intérêt, il fait des fonctionnaires publics ses propres créatures,
d’où résultent le népotisme, la corruption, et peu à peu la formation d’une gent
officielle, ennemie du travail autant que de la liberté ». « Nous ne voulons pas de l’Etat, parce
que l’Etat, pour accroître sa puissance extra-populaire, tend à multiplier indéfiniment
ses employés ; puis, pour se les attacher toujours plus, à augmenter sans
cesse leurs traitements (…). Nous ne voulons pas de l’Etat, parce que, quand l’impôt
ne suffit plus à ses dilapidations, à l’acquittement de ses faveurs et sinécures,
l’Etat a recours aux emprunts et aux détournements, et qu’après avoir pris l’argent
d’autrui, il trouve encore moyen de faire applaudir ses rapines ». « Voulez-vous, démocrates, perpétuer,
généraliser à tout jamais le vol et l’exploitation parmi vous ? Conservez
ce régime d’Etat ; maintenez cette aliénation de la puissance publique au
profit de quelques ambitieux, qui vous récompenseront de votre crédulité par la
honte et la misère ; et puis livrez à ces prétendus délégués du peuple, à
ces serviteurs du peuple, livrez-leur la Banque nationale. Bientôt vous les verrez
puiser à pleines mains dans la caisse. Quand il n’y aura plus d’écus, ils prendront
des billets. Or, vous savez que des billets de banque, donnés sans couverture,
en échange de rien, qui circulent sans gage, ni hypothèque, sont des assignats ;
et l’assignat, citoyens, c’est le vol ». « Vous les verrez ; pour augmenter
leurs recettes et payer leurs séides, sous prétexte qu’un intérêt perçu par l’Etat
profite à la communauté et n’est pas usure, relever successivement le taux des
escomptes (…). Ne les avez-vous pas entendu, après février, ces théoriciens du
gouvernement réclamer pour l’Etat le produit net des chemins de fer, des mines,
des assurances, et enfin des banques ? (...) Et vous ; quand vous demandiez
au gouvernement provisoire d’abolir l’exploitation de l’homme par l’homme, vous
doutiez-vous que la réunion des banques à l’Etat n’était qu’une nouvelle forme
d’exploitation ? ». « Nous ne voulons pas de l’Etat, parce que
nous voudrions purger la société de tout ce qui s’appelle banqueroutiers, usuriers,
loups-cerviers, agioteurs, larrons, escrocs, stellionataires, concussionnaires,
faussaires, faux-monnayeurs, jongleurs, parasites, hypocrites et hommes d’Etat ;
parce qu’à nos yeux tous les hommes d’Etat se ressemblent, et qu’ils sont tous,
à des degrés divers, des ennemis de la justice et de la liberté, des mangeurs
de chairs humaines, disait Caton ». Précisons pour nos lecteurs et nos censeurs
éventuels : 1) Que ce sont des propos de 1851 et que toute ressemblance avec
la France de 2009 serait purement fortuite 2) Que Proudhon est mort en 1865 et
qu’il est donc un peu tard pour lui faire un procès en diffamation 3) Qu’il était
socialiste ; les libéraux ne sauraient donc être engagés par ses propos… Le 11 mars 2009
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