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Au-delà des péripéties concernant les accords
signés dans les DOM, les problèmes de fond demeurent. La victoire des Guadeloupéens,
qui ont eu leurs 200 euros, est à la Pyrrhus. Car la Guadeloupe, comme les autres
Départements d’Outre-mer (DOM), souffriront de plus en plus de la politique d’assistanat
généralisé, empêchant tout progrès économique et n’incitant personne à progresser,
ni à investir. Déjà, depuis plusieurs années, le tourisme « rentable »
des clients riches a fui les Antilles françaises. Pour s’en sortir, les DOM, comme tout le
monde, auraient besoin de liberté économique, seule source de prospérité. La comparaison
entre la Réunion, vivant de l’aide publique, et l’île Maurice, ayant choisi le
vent du grand large et la liberté, est sans appel. Le fait d’être des territoires
éloignés de la métropole, et souvent des îles, aurait dû conduire à créer dans
ces DOM des zones plus libres que la métropole, des zones franches, de libre commerce
et de faible imposition : l’exemple de Hong-Kong montre qu’on peut avoir
un seul pays (la Chine) soumis à « deux systèmes », et les Chinois ont
eu l’intelligence de conserver Hong-Kong comme un îlot de liberté économique (classé
premier au monde par les indices de liberté économique). A vouloir peu à peu appliquer artificiellement
dans les DOM les standards sociaux métropolitains, on a créé la situation actuelle,
alors que les DOM auraient pu jouer, comme bien des pays aussi pauvres, sur leurs
avantages spécifiques, par exemple un moindre coût du travail. Plaquer les niveaux
métropolitains, notamment pour les salaires, alors que par exemple, la productivité
est plus faible, ne peut conduire qu’à plus de chômage. De plus, « l’octroi
de mer » vise théoriquement à protéger les entreprises locales en surtaxant
ce qui vient d’ailleurs. Mais il est évidemment répercuté sur les prix et les
produits sont plus chers ; quant aux entreprises, artificiellement protégées,
elles sont moins productives, comme chaque fois qu’il y a une protection. Résultat : 22,7% de chômeurs en Guadeloupe,
21,2% en Martinique, 20,6% en Guyane, 24,2% à la Réunion (8,1% en métropole) ;
le PIB par habitant est en moyenne deux fois plus faible qu’en métropole ;
les bénéficiaires du RMI – et demain du RSA- sont proportionnellement beaucoup
plus nombreux qu’en métropole et représentent près de 15% du total des Rmistes
de France, alors que la population des DOM constitue environ 3% seulement de la
population française ; si le nombre de Rmistes était le même, ils devraient
représenter 3% du total ; il y en a donc 5 fois plus ! Le désastre est
total. La population est-elle satisfaite de
cette situation ? Certes, il faut souligner la manipulation par l’extrême-gauche
et les indépendantistes ; ces groupes ont souvent utilisé la pression, voire
la force physique. Mais pourquoi une partie de la population les a-t-elle suivis?
L’enchaînement est logique : l’assistanat appelle l’assistanat, l’Etat appelle
l’Etat. Les « négociations » l’ont démontré : c’est avec des ministres
ou sous-ministres, ou encore des préfets, qu’il faut discuter puisqu’à l’évidence
les entreprises privées ne peuvent rien accorder, sauf à faire faillite. D’ailleurs,
personne ne s’est soucié des hésitations du MEDEF, puisque le vrai patron, c’est
l’Etat. Cela fait penser à la définition que Bastiat donnait de l’Etat, « cette
grande fiction à travers laquelle chacun espère vivre au détriment de tous les
autres ». Qui aurait osé leur dire « ne demandez pas à l’Etat de vous
faire vivre, puisque que c’est vous qui faites vivre l’Etat » ? La responsabilité
des politiques est ici immense dans cet incroyable gâchis. Bien entendu, le mal étant fait, tout ce
que l’opposition compte d’irresponsables s’est précipité dans les DOM. Ségolène
Royal a déclaré : « Quand les parents n’arrivent plus à donner à manger
à leurs enfants, en général cela finit mal. Souvenons-nous de la Révolution française ».
Bel exemple de démagogie irresponsable. José Bové, Olivier Besancenot se sont
précipités à leur tour. Mais ce dernier a été le plus sincère : « Vous
allez donner des tas de mauvaises idées à beaucoup de personnes. Ce que vous faites
là, nous allons le faire aussi ». En effet la Martinique et la Réunion sont
déjà sur le pied de guerre, et le 19 mars c’est la France entière qui sera en
grève et se mobilisera pour ses 200 euros. On devrait les donner le plus tôt possible.
Le 11 mars 2009
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