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Voici à nouveau une chinoiserie dramatique. Avec beaucoup d’à propos les communistes chinois marquent leur volonté de transformer le Tibet en province chinoise. Ils n’hésitent pas à étouffer dans l’œuf les velléités de protestation des Tibétains ; tirer dans la foule est un exercice qu’ils connaissent bien depuis leur intervention héroïque sur la place Tian’Anmen. Les Chinois ont certainement lancé l’opération parce qu’ils se savent impunis. Les Jeux Olympiques sont tellement proches qu’aucun gouvernement au monde n’aurait l’audace de rompre les relations diplomatiques avec Pékin. Un battage publicitaire énorme a été fait autour des J.O. (comme d’habitude), il a été acheté pour des milliards de billets d’avion, de réservations hôteliers, de places de stade. Les voyagistes du monde entier seraient mis en faillite, les télévisions seraient ruinées. De plus les Chinois connaissent maintenant le comportement des chefs d’Etat qui leur rendent visite. Ils laissent poliment leurs visiteurs exprimer leurs encouragements prudents au respect des droits de l’homme, ils leur répondent en leur disant qu’il n’y a pas de problème ; tout le monde est content mais il n’y a pas de changement. La seule évolution est la liberté économique dont jouissent les Chinois des grandes villes, et la possibilité de voyager dans le monde entier. Ces germes d’humanité n’ont pas encore atteint les sommets de l’Etat. Le pays est toujours mené d’une main ferme, et la stratégie des Chinois est de faire main basse sur les sources d’énergie et de matières premières ; leur présence au Moyen Orient et en Afrique n’a hélas rien à voir avec la mondialisation. Qui aura le courage de boycotter les J.O. de Pékin ? Le Conseil de sécurité et l’ONU montreront une fois de plus leur inefficacité, Poutine se faisant un plaisir d’enfoncer le clou. George Bush ne voudra pas engager les Etats-Unis, alors que les Américains avaient boycotté les J.O. de Moscou. L’affaire de l’Irak a créé un précédent : plus personne ne veut voir les Américains jouer le rôle de gendarmes internationaux. Quant à l’Europe, elle n’a ni les moyens ni l’intention de compromettre ses intérêts en Chine. Il reste donc à avaliser l’Anschluss et à laisser les nazis soumettre un peuple. On oubliera bien vite ce mauvais épisode : on ira à Pékin et on applaudira l’esprit olympique des Chinois.
Le 19 mars 2008
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