DOUSTE-BLAZY INNOVE : VOICI DE NOUVELLES TAXES


Grande victoire française. Cocorico. Philippe DOUSTE-BLAZY, quatre fois ministre, notamment des affaires étrangères, qui n’a pu revenir à Toulouse pour poursuivre sa brillante carrière politique, a trouvé un point de chute, avec l’appui du Président de la République. Le secrétaire général de l’ONU, BAN KI-MOON, l’a nommé conseiller spécial pour les « financements innovants », avec rang de secrétaire général adjoint.

Pourquoi les « financements innovants », se demande Le Figaro ? Parce que, lors de son passage inoubliable aux Affaires Etrangères, DOUSTE-BLAZY avait surtout porté le projet Unitaid, destiné à faciliter l’accès des pays les plus pauvres aux traitements médicaux contre les grandes pandémies comme le sida. Noble objectif, effectivement.

Mais où est le caractère innovant ? Il réside dans l’idée géniale de Jacques CHIRAC d’instaurer une taxe sur les billets d’avion. On sait que le bilan est consternant : la France est presque le seul pays à avoir appliqué cette taxe et souffre d’une distorsion de concurrence ! Nullement troublé, Philippe DOUSTE-BLAZY explique que cette taxe CHIRAC ne rapportera « que » 400 millions en 2008 ; or « 2,8 milliards d’hommes vivent actuellement avec moins de 2 dollars par jour ». Faites la division (14 cents par an) : vive la taxe salvatrice !

Mais il faut aller plus loin : « Je veux inventer une démarche citoyenne mondiale par la micro contribution ». Mais c’est quoi, une micro contribution ? C’est par exemple une contribution individuelle à l’échelle de la planète, de 1 ou 2 euros, appliquée aux transactions sur Internet (e-commerce). Une contribution, dit Le Figaro, « volontaire éventuellement », jolie formule, qui veut sans doute dire qu’au début paiera qui voudra et que, comme personne ne voudra payer, cela deviendra ensuite obligatoire. C’est sans importance, car c’est « une mesure sans conséquence pour chacun de nous et qui permettra de rassembler des sommes considérables ». Notre secrétaire innovant précise encore : « Il manque 50 milliards de dollars par an pour les objectifs du millénaire, ce qui est peu de chose en regard des 1 500 milliards de dollars échangés chaque jour sur les places boursières ». Voilà effectivement qui nous prépare à la taxe TOBIN : il est temps de freiner ces affreuses spéculations.

Mais qu’on se rassure : l’argent ne sera pas gaspillé. Ces financements innovants devront être appliqués à des objets précis, et il y aura même une « traçabilité des dons », étrange formule s’agissant plus probablement de taxes. Les financements innovants, ce sont de nouveaux impôts. Il faut en effet être singulièrement innovant pour imaginer de nouveaux impôts !

 

Le 5 mars 2008 

 
   

 

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