ZIMBABWE : LE SOCIALISME  ETEND SES RAVAGES


Nos lecteurs peuvent se demander pourquoi nous accordons autant de place régulièrement au Zimbabwe, comme par ailleurs au Venezuela. La raison en est simple : ces pays s’installent peu à peu dans ce que JEAN-PAUL II appelait « le socialisme réel », c'est-à-dire le communisme, celui qui repose sur « une erreur anthropologique », sur une fausse conception de la nature humaine. Et, comme toujours, rien ne change, le processus est toujours le même, que l’on soit en Asie ou en Europe, en Amérique latine ou en Afrique : la logique communiste produit toujours les mêmes effets. Elle fait disparaître les libertés en même temps qu’elle fait disparaitre les biens des magasins.

Cette semaine, on apprenait qu’au Zimbabwe un nouveau record était battu ; celui du plus haut taux d’inflation dans le monde. On en est à une hausse des prix de 1 600% ! Et ce n’est pas la hausse de 400% du salaire des fonctionnaires qui leur permettra de conserver leur pouvoir d’achat. Les grèves explosent de tous cotés, en dépit de la répression. Cela fait des semaines que les internes des hôpitaux sont en grève, rejoints pas les médecins titulaires, par les infirmières et enfin par les enseignants.

Même les étudiants descendent dans la rue, car les frais d’inscriptions sont passés de 60 000 à 560 000 dollars zimbabwéens. Le Monde, qui rapporte cette information sous la plume de Fabienne POMPEY, précise que des étudiants et des enseignants ont été arrêtés à la suite de ces manifestations. Il ne fait pas bon manifester sous un régime socialiste. Nos marxistes français de salon, nombreux dans nos universités, devraient bien en tirer quelques leçons.

On a calculé que la dégradation du pouvoir d’achat était telle que le salaire mensuel d’un interne des hôpitaux permettait de faire… un seul plein d‘essence, et c’est tout. Tous les fonctionnaires ont un deuxième travail plus ou moins clandestin, depuis des commerces jusqu’au travail au noir. Comme par miracle, une économie planifiée entraine toujours automatiquement pénurie et marché noir. L’économie souterraine est la condition de la survie des populations sous le socialisme réel.

On ne trouve plus de pièces de rechange et il n’y a plus de maintenance, donc toutes les infrastructures, tous les équipements se dégradent. Les maladies se développent et on a signalé des cas de choléra. Faut-il rappeler que l’URSS, du temps du communisme, était l’un des rares pays au monde où l’espérance de vie diminuait ? Partout, il y a des coupures d’eau et d’électricité. Dans les hôpitaux, on manque de personnel comme de médicaments, infirmiers et médecins ayant fui le pays depuis des années.

Sur 13 millions d’habitants, Fabienne POMPEY estime à 4 millions le nombre d’émigrés, essentiellement vers l’Afrique du sud voisine. Ils font vivre leurs familles restées au pays en envoyant des devises changées au marché noir.

Bien entendu, comme toujours dans ces cas là, le président Robert MUGABE explique la crise par les sanctions imposées par l’Union européenne et les Etats-Unis, alors que ces mesures sont très limitées et ne touchent vraiment que les déplacements et avoirs à l’étranger des apparatchiks du régime ; on comprend que cela ennuie MUGABE.

En fait, une bonne partie de la crise vient de la réforme agraire, qui a chassé les fermiers blancs, très productifs et efficaces, pour attribuer les propriétés aux proches du régime, incapables de les gérer, ou pour les collectiviser. Les productions importantes, comme le tabac, qui était largement exporté, ou les céréales, se sont effondrées : comme toujours, le communisme créé automatiquement la pénurie.

Pendant ce temps, que fait le régime ? La question principale est celle de l’anniversaire de tyran qui a 83 ans. L’essentiel est donc de réaliser une «  grande collecte », qui doit permettre de fêter dignement le nouveau petit père des peuples. Nous sommes sûrs que chacun sera « vivement » incité à donner généreusement pour ce grand jour. Voilà la nouvelle priorité du régime. C’est beau comme du Kim JONG-IL. Le Zimbabwe, c’est la Corée du nord de demain.

Le 1er mars 2007

 
   

 

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