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VERS LA MEDECINE
SALARIEE Le feuilleton des honoraires médicaux, en l’occurrence
ceux des généralistes, se poursuit et il devient un peu monotone. Il faut rappeler
le contexte. Un accord prévoyant la revalorisation en mars 2006 (passage de 20
à 21 euros) avait alors été signé (applicable en août) entre l’Union Nationale
des Caisses d’assurance-maladie et les syndicats. Il prévoyait « la perspective
d’une valeur à 23 euros à l’horizon 2007 ». Les syndicats médicaux signataires
de la convention prévoyaient que la CNAM tiendrait ses promesses et ne renierait
pas sa signature. Cela s’est révélé une hypothèse lourde ! Des négociations ont été réouvertes dès décembre
2006 sur ce point, nous en avions fait état il y a plusieurs semaines. De nouvelles
réunions ont eu lieu, en particulier le 2 mars et le 7 mars. Pour une quatrième,
puis une cinquième séance de cette interminable négociation. Car ce qui paraissait
acquis-et signé- ne l’est plus. Les médecins ne réclament pourtant que l’application
de l’accord, c'est-à-dire le passage cette année à 23 euros, au lieu de 21. Pas question pour l’UNCAM. Elle veut bien, dans
sa bonté, accorder un euro de plus au cours de cette année, de préférence au second
semestre, puis « une deuxième étape tenant compte de la maîtrise des dépenses
et du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2008 ». Autrement
dit, si les médecins sont sages et réduisent leurs prescriptions et nombre d’actes,
et surtout si le nouveau gouvernement et la nouvelle Assemblée nationale le veulent
bien dans le projet de loi de financement de la sécu. Et tout cela en 2008 au
plus tôt ! A un détail prés, c’est que les médecins, eux,
ont tenu leurs engagements et ont réduit les dépenses et fait des économies, y
compris en prescrivant plus de génériques. Mais les syndicats médicaux découvrent
que lorsqu’on signe avec l’Etat ou avec la sécu (cela revient au même), le signataire
privé doit tenir ses engagements et le signataire public fait ce qu’il veut. On
appelle cela un contrat léonin, le lion étant évidemment la sécu, et les médecins
ceux qui seront mangés par le lion. Ce qui nous étonne le plus, et nous le disons d’autant
plus volontiers que nous avons beaucoup de médecins parmi nos lecteurs, c’est
qu’il y ait encore des syndicats médicaux pour accepter de jouer à ce petit jeu
suicidaire. La sécu ne cédera pas, et cela d’autant moins que les kinésithérapeutes
viennent d’obtenir une rallonge de 110 millions d’euros et que les infirmières
libérales à leur tour frappent à la porte. Chacun attend le bon vouloir du prince,
du roi lion. Et chacun sera mangé, à tour de rôle. Comment voulez-vous résister
et faire le poids face à un monopole public ? Et pourtant- campagne électorale oblige -dans cette
affaire les médecins ont eu l’appui de Xavier BERTRAND, le ministre de la santé.
Mais la sécu est plus puissante. La sécu n’en démord pas : la revalorisation
des actes doit se faire à « un rythme compatible avec le redressement de
l’assurance-maladie ». Que les honoraires soient un prix, a fortiori un prix
de marché, n’effleure même pas les dirigeants de la CNAM. D’ailleurs, la CNAM
montre le bout de l’oreille, par la voix de la CFDT, qui préside l’UNCAM, en rappelant
qu’elle privilégiait « d’autres formes de rémunération plutôt que celles
basées exclusivement sur le paiement à l’acte ». En effet, cela s’impose.
Pourquoi ne pas salarier carrément les médecins, pendant qu’on y est : on
mettra ainsi fin à la médecine libérale, qui repose justement sur le paiement
à l’acte. Les généralistes espéraient aussi que la reconnaissance
de la médecine générale comme une spécialité à part entière leur permettrait de
bénéficier des mêmes tarifs que les spécialistes. Espoir déçu, un rapport du directeur
de la Mutualité agricole enterre cet espoir : spécialiste, oui, mais avec
le tarif généraliste ! Michel CHASSANG, président de la CSMF, est déçu :
« l’assurance-maladie ne respecte pas ses engagements, alors que les médecins
ont tenu les leurs ». En effet, mais c’est toujours comme
cela. La seule façon de s’en sortir, c’est de sortir
par le haut, c'est-à-dire de rompre avec ce système, pour choisir les honoraires
libres. Et la conséquence logique : la fin du monopole de la sécu. Le 17 mars 2007
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