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La Hongrie a un gouvernement de gauche, composé
essentiellement d’anciens staliniens plus ou moins reconvertis en démocrates socialistes.
Il y a quelques mois, ce gouvernement a présenté un plan d’austérité très interventionniste,
constituant une fuite en avant dans l’étatisme, avec en particulier une hausse
des prélèvements obligatoires : impôts
(TVA notamment) et cotisations sociales. Quelques mois plus tard, voici un spectaculaire
changement de cap, au moins sur un point, celui de la santé. Le gouvernement réforme
radicalement le système. L’objectif est de réduire le déficit public et en particulier
celui de la Sécurité sociale, qui est considérable. Pour l’ensemble du secteur
public, le déficit devrait atteindre cette année près de 10% du PIB ! Plus
question de gratuité totale, comme aux beaux jours du communisme, ni d’accroissement
des cotisations. Que la gauche s’aperçoive que la hausse des impôts
et des cotisations n’est pas la meilleure façon de réduire un déficit est en soi
une bonne chose. Il vaut mieux réduire les dépenses. De même, il est bon de mettre
fin au mythe de la pseudo-gratuité. Désormais, les patients paieront un forfait
de visite de 300 forints, soit environ 1,2 euros et cela pour les visites médicales
comme pour chaque journée d’hospitalisation. Certaines personnes seront exonérées,
dont les enfants, mais la majorité paiera cette participation. La population, comme l’explique Les Echos, qui
donne cette information, est très hostile à cette mesure, car fortement habituée
à une apparence de gratuité. Cette idée de forfait vise à responsabiliser les
malades, comme dans de nombreux pays, la gratuité étant toujours mauvaise conseillère
et poussant à une hausse artificielle des dépenses de santé. Les Hongrois, note
Les Echos, sont en effet les plus grands consommateurs de médicaments de l’Europe
des 27 : effet mécanique de la gratuité. Et surtout, dans le cas Hongrois,
la fraude est gigantesque, des prestations factices étant « remboursées » en
masse ; avec ce forfait, le risque est moindre. Cependant, si on en restait là, cela n’offrirait
qu’un intérêt limité. On connait bien en France le mécanisme qui consiste à transférer
de la sécurité sociale monopolistique les dépenses vers les malades eux-mêmes.
Dans un premier temps, cela peut être pris comme une mesure de responsabilisation,
mais si le mouvement s’amplifie, comme
en France, c’est plutôt le signe de la décadence d’un système qui n’est plus capable
d’assurer des remboursements corrects et qui se défausse sur les malades eux-mêmes. Or ce qui nous a intéressés dans le cas hongrois,
c’est que ce forfait n’est que l’une des mesures prises par le gouvernement. On
apprenait en effet que le gouvernement allait fermer dans les prochains mois sept
hôpitaux publics, source de gaspillages, ce qui ne pourra que profiter au secteur
privé. Ensuite, et surtout, le gouvernement prépare une refonte du système d’assurance
maladie. Dans quel but ? L’article des Echos est sans
ambigüité : « L’objectif est d’encourager les Hongrois à souscrire des
polices privées, afin d’alléger les charges de la sécurité sociale » et,
on l’espère, grâce à la concurrence, d’alléger les charges des malades. Tout cela ne fait pas une grande révolution libérale.
Mais il est pour le moins significatif qu’un nouveau gouvernement de gauche, après
tant d’autres en Europe, en vienne d’une part à chercher à responsabiliser les
malades, d’autre part à laisser se développer un secteur privé de l’assurance
maladie. Il reste dans ce domaine à convaincre un autre gouvernement socialiste
de la nécessité de libéraliser la Sécurité Sociale : le gouvernement français… Le 1er mars 2007
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