BRUXELLES S’ATTAQUE A LA FISCALITE SUISSE


Décidément, la fiscalité suisse dérange beaucoup de monde. Elle scandalise ceux qui ne comprennent pas pourquoi beaucoup de Français, Johny HALLIDAY en tête, partent s’exiler dans ce pays. Ils sont de plus en plus nombreux : en un an le nombre s’assujettis à l’ISF quittant la France est passé  d’un à deux par jour.

Mais les Suisses alertent aussi les autorités de Bruxelles. Comme le rapporte l’Institut économique Molinari, de Bruxelles, sous la plume de Valentin PETKANTCHIN, la  commission européenne s’inquiète de ce qui se passe au-delà des frontières de l’Union européenne, à laquelle la Suisse n’a pas encore adhéré à ce jour ! Non contente d’avoir sanctionné le Luxembourg, pour la fiscalité des holdings, voilà qu’elle s’attaque à la Suisse.

En effet, dans certains cantons, comme Zoug, Schwyz et Obwald, le taux d’imposition des sociétés est faible : c’est l’effet de la concurrence fiscale qui règne entre les cantons suisses. Or la Suisse a signé un accord de libre-échange avec l’Union européenne en 1972. Il parait, selon la Commission, que ces faibles impôts violent cet accord en constituant « une aide d’Etat » ! Il est vrai qu’une fiscalité moyenne sur les sociétés de 21%, qui peut tomber à 13,1% dans certains cantons, cela constitue une forte nuance avec une fiscalité française à plus de 33% ! Mais on ne voit pas en quoi cela viole un accord de libre échange, sauf à exclure toute concurrence fiscale. Dans ce cas, comme BASTIAT le faisait remarquer, il faut aussi exclure tout avantage naturel et, par exemple, harmoniser pour l’agriculture le nombre de jours d’ensoleillement ! Car voilà bien une distorsion de concurrence autrement plus importante.

La réponse suisse aux attaques de Bruxelles ne s’est pas fait attendre : le gouvernement a sèchement renvoyé la Commission européenne dans les cordes en jugeant infondées ses prétentions harmonisatrices. Les ministères suisses des finances, des affaires étrangères et de l’économie ont répondu en commun qu’il « n’existe aucune règle contractuelle exigeant une harmonisation de l’imposition des sociétés » entre Berne et Bruxelles et que « par conséquent, il ne peut être question de violation d’un quelconque accord ».  Et les Suisses d’ajouter, un brin provocateurs, que ce pays « entend maintenir et, si possible, améliorer la compétitivité de sa place économique pour les investisseurs suisses et étrangers ». Et toc !

Mais Bruxelles ne l’entend pas de cette oreille. Elle maintient sa fiction d‘une aide d’Etat et ajoute que la Suisse « bénéficie des avantages liés à un accès privilégié au marché intérieur de l’UE et doit accepter les responsabilités qui en découlent ». Etrange conception de la concurrence et du marché. Les Suisses rétorquent que l’accord de libre-échange ne dit rien dans ce domaine de la fiscalité et « ne constitue pas une base juridique suffisante pour évaluer dans quelle mesure l’imposition entraine une distorsion pour la concurrence ». La Suisse n’a pas à se plier aux règles de concurrence en vigueur dans l’UE, surtout quand elles sont absurdes. En fait, Bruxelles cherche seulement à restreindre la concurrence. Les Suisses sont unanimes dans cette dénonciation de l’impérialisme bruxellois et le patronat suisse a affirmé que « la souveraineté fiscale de la Suisse n’est pas négociable ».

Comme le fait remarquer l’Institut MOLINARI, on ne peut en aucun cas comparer une subvention (qui confisque des ressources à certains pour les donner à d’autres) avec une baisse d’impôt, qui laisse au contraire des ressources à ceux qui les ont créées. Les droits de propriété ne sont pas lésés dans ce cas, contrairement à ce qui se passe avec les subventions. Quant aux volontés harmonisatrices de Bruxelles, elles masquent mal le résultat pratique auquel on arriverait : une fiscalité plus lourde pour tout le monde. Par contraste, les vertus de la concurrence ne sont plus à démonter, y compris dans le domaine de la fiscalité. Elles expliquent le succès de pays comme l’Irlande et l’ l’échec d’un pays comme la France.

C’était la conclusion de notre dernière Université d’Eté (nous en donnons actuellement le compte rendu ici même et sur notre site www.libres.org) et des travaux de l’Institut de Recherches Economiques et Fiscales avec lequel nous collaborons et qui s’est fait une solide réputation scientifique par ses publications sur la concurrence fiscale (www.irefeurope.org).

Le 7 mars 2007

   

 

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