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Notons que l’on est déjà à plus de
la moitié du temps, puisque sur six budgets, (en comptant le collectif
budgétaire 2002), quatre ont déjà été votés (2002-2003-2004 et 2005)
et qu’il n’en reste que deux d’ici à la fin du mandat (2006 et 2007).
Notons aussi, sans vouloir polémiquer, que Hervé GAYMARD parle d’une
baisse de 30% en cinq ans, alors que Jacques CHIRAC n’avait pas promis
30%, mais un tiers. Mais ne chipotons pas pour si peu. Manifestement, Hervé GAYMARD ne compte
pas comme nous. Pour notre part, nous avons retenu trois baisses de
l’impôt sur le revenu : 5% en 2002, 1% en 2003 et 3% en 2004. Cela
fait chez nous 9% (et pas 15% ou 16,5%). En réalité, cela fait même
un peu moins, puisque la baisse en 2003 est de 1% de 95% (100% moins
les 5% de 2002), et ainsi de suite, ce qui fait exactement 8,77% de
baisse du taux du barème de l’impôt depuis 2002, selon les calculs rigoureux
des Echos. Ce journal se demande alors, évoquant
un « début de polémique », comment le ministre en est arrivé
à la moitié du chemin, alors que l’on n’en est qu’à 8,77% sur 33%. C’est
que le ministre additionne des éléments qui n’ont rien à voir. Il ajoute
en effet à la baisse du barème les mesures de revalorisation de la prime
pour l’emploi et d’augmentation de la réduction d’impôt pour emploi
à domicile, ce qui n’a rien à voir avec la baisse du taux de l’impôt.
Bientôt, il va nous dire que, comme les Français ont été généreux
en 2005 avec le drame de l’Asie du Sud-est, cela va leur valoir
en 2006 des réductions d’impôts, que le gouvernement va sûrement mettre
à son actif. Il faut rester sérieux. A la décharge de notre ministre
des finances, on sait qu’il a du mal à calculer. En outre, Les Echos notent que les déclarations des hommes politiques cherchent
à embrouiller les esprits. C’est ainsi qu’Alain JUPPE expliquait que
la baisse prévue des impôts se chiffrait en milliards (à 30 milliards
d’euros dont la moitié, soit 15 milliards, pour l’impôt sur le revenu).
Dans ce cas, il prend comme base le montant de l’impôt en 2002 (50 milliards
en l’occurrence). Et il applique la baisse de 30% à cette somme (soit
15 milliards). Notons que même avec ce calcul étrange, il manque encore
3,2 milliards pour faire la moitié du chemin (la baisse a été de 2,5
milliards en 2002, 0,8 milliards en 2003 et 1,8 milliard en 2004, soit
au total 5,1 milliards ; il manque bien 2,4 milliards pour arriver
à 7,5 (moitié d’une baisse de 30%) et 3,2 pour arriver à 8,3 (moitié
d’une baisse de 33%). Mais ce qui est idiot dans le calcul
de M. JUPPE, et de M. GAYMARD, qui parle lui aussi de « baisse
des recettes de l’impôt sur le revenu », c’est que les deux raisonnent
en valeur absolue (sur le montant de l’impôt de 2002), alors que ce
sont les taux d’imposition qu’il faut baisser. A la limite, d’après
le calcul de M.M JUPPE et GAYMARD, si la matière imposable se réduit
-et l’impôt avec elle- ce sera une victoire de M. CHIRAC qui aura tenu
sa promesse. Or peu nous importe si les Français
paient plus d’impôts en valeur absolue, s’ils sont deux fois plus riches,
et que la pression fiscale (en pourcentage) a diminué. C’est cela que
ni M. CHIRAC, ni M. JUPPE, ni les autres n’ont compris : c’est
le taux de l’impôt qui doit baisser, en particulier sur les tranches
élevées (il faut baisser la progressivité de l’impôt, l’idéal étant
une « taxe plate »), pour stimuler l’offre et donc la matière
imposable. Et dans ce cas, l’Etat lui-même
gagnera car les recettes fiscales augmenteront (Courbe de LAFFER). Certes, les Français peuvent ne pas
s’y retrouver dans ces calculs complexes. Mais il ne faut pas non plus
leur raconter d’histoires, ni leur dire de bêtises. L’impôt sur le revenu
n’a pas baissé de la moitié de ce qui avait été promis par Jacques CHIRAC.
C’est faux. Et les Français ont besoin de repères simples, pas de ces
calculs bureaucratiques et abstraits. Par exemple, un taux marginal
fixé à 33% : ne pas prendre plus du tiers des revenus, même à ceux
qui gagnent le plus. Ce serait une mesure simple, pratique et facile
à expliquer. Mais on préfère les usines à gaz.
Le 2 mars 2005
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