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A peine venait-on d’apprendre que la France avait battu un record de chômage, celui-ci atteignant en janvier 2005 les 10% de la population active, ce qui n’était pas arrivé depuis des années, que l’OCDE publiait une analyse mettant en cause « l’immobilisme » du gouvernement français en matière de marché du travail. Un verdict sévère, de la part d’une organisation plus souvent tournée vers les déclarations prudentes, mais parfaitement justifié. Le Figaro économie rapporte que Jean-Baptiste COTIS, économiste en chef de l’OCDE, affirme : « Le cœur du problème n’a pas été abordé de front par des réformes d’envergure ». Il faut donc se tourner vers des réformes profondes, surtout lorsque le chômage atteint 10% de la population active. Première piste : il faudrait pousser à « la poursuite de l’activité pour les travailleurs âgés », ce qui signifie qu’heureusement l’OCDE n’a pas une vision malthusienne du marché de l’emploi, contrairement à la vision française, où il n’est question que de partage du travail. C’est un domaine dans lequel la France se distingue par rapport aux autres et dans lequel nous avons un retard de réformes considérable. Aucune mesure n’incite les plus de 60 ans à poursuivre leur activité. Et l’OCDE d’accuser un « âge de départ en retraite bas », des « préretraites financées par l’Etat », des « prestations prolongées au titre de l’assurance-chômage ». Au cas où on ne comprendrait pas, Jean-Philippe COTIS précise, toujours selon le Figaro, que « l’octroi de préretraites à des cols blancs en fin de carrière afin de ménager des emplois aux plus jeunes et d’enrayer ainsi le chômage a été une erreur ». Il faut donc non seulement continuer à retarder l’age de départ en retraite, mais aussi « supprimer progressivement » les régimes spéciaux de retraite anticipée, tout en accordant une surcote de retraite pour ceux qui travaillent au-delà de l’age légal. De plus, il faut revoir selon l’OCDE « les conditions d’accès » aux prestations prolongées d’assurance-chômage, qui, dans la situation actuelle, maintiennent les actifs au chômage, au lieu de les pousser à travailler. Deuxième piste : modifier la législation de protection de l’emploi. Tout ce qui est restrictif, en matière de temps de travail, de recours au CDD, de taux de compensation « gonfle à la fois les coûts de main d’œuvre et les coûts de licenciements ». Il faut donc assouplir les procédures (on pense bien sur aux 35 heures, entre autres). « Il faut limiter le rôle du système judiciaire aux cas les plus épineux », assouplir les règles limitant le recours au CDD et modifier les dispositions relatives aux plans sociaux. Bref, il faut de la flexibilité. Enfin, troisième piste, diminuer le coût minimum de la main d’œuvre. Certes, il y a des diminutions de cotisations sociales sur les bas salaires, mais « le montant du SMIC - en hausse suite à l’harmonisation liée aux 35 heures- réduit la demande de travail », notamment à destination des jeunes et des non qualifiés. Il est nécessaire « de limiter les futures hausses du salaire minimum ». L’immobilisme français, selon l’OCDE, cela consiste à refuser toutes ces réformes de bon sens. Il n’y a pourtant rien de révolutionnaire dans ce que dit l’OCDE, mais seulement l’application des mesures qui ont réussi dans les autres pays : refus du malthusianisme, pour permettre à tous ceux qui le veulent de travailler plus et plus longtemps, diminution des indemnités de chômage, qui poussent à refuser un emploi, flexibilité, en particulier de la durée du travail et des contrats de travail, assouplissement des licenciements, diminution du coût du travail non qualifié par la réduction du SMIC, etc. En clair :
ce que nous ne cessons de dire et d’écrire ici même, semaine après semaine.
Le fait nouveau, et qui mérite d’être salué, c’est que ce soit un organisme
aussi pondéré voire socialisant que l’OCDE qui le dise, et qui se fonde
pour cela sur les politiques qui ont réussi partout dans le monde. Ce
qui est sûr, c’est que les politiques françaises, elles, ont échoué. Et
ce qui est également sûr, c’est que la classe politique française ne dit
pas la vérité quand elle affirme que l’on a tout essayé. Non, on n’a pas
essayé la liberté du marché du travail et sa flexibilité. Il faut, comme
le dit l’OCDE, d’urgence en finir avec l’immobilisme français dans ce
domaine.
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