UN GOUVERNEMENT ECONOMIQUE EUROPEEN ?


C’est la grande nouvelle de ces derniers jours : Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se seraient entendus sur le principe d’un gouvernement politique européen. On comprend bien l’intérêt que les deux compères y trouveraient, mais on ne voit guère comment ils réussiraient leur coup.

Evidemment, à leur avantage ils ont d’une part les remous créés par la dette grecque, d’autre part la rivalité récurrente entre chefs d’Etat et Commission de Bruxelles. S’agissant de la dette grecque nous avons expliqué la semaine dernière (NL 1016) comment l’euro est mal situé entre la supranationalité et le souverainisme. L’ambiguïté de la construction européenne a trouvé les instances européennes et la Banque Centrale désarçonnées et divisées sur la conduite à tenir. Les uns se refusaient à intervenir au nom de la qualité de l’euro, les autres assimilaient une non intervention à une faillite de l’Europe politique. Finalement, on a décidé de ne pas trancher, puisque ce n’est pas la BCE qui aide les Grecs, mais les Etats membres de l’Union. Mais c’était alors l’occasion de provoquer une poussée souverainiste, en soulignant que ce que la Commission ne pouvait ou ne savait pas faire, à savoir mettre en place un véritable gouvernement économique de l’Europe, les Etats pouvaient le réaliser, sous la houlette avisée des deux grands, bien sûr.

On peut laisser le Président et la Chancelière à leurs illusions. D’une part au sein de l’Union il y a de nombreux pays qui ne veulent pas entendre parler d’un tel gouvernement : l’Angleterre des conservateurs sans doute, mais aussi les pays d’Europe centrale, qui se sont bien trouvés de ne pas avoir suivi les consignes de relance dispensées par les deux grands et le G 20. D’autre part, de quelle arme spécifique ce gouvernement jouirait-il ? La France croule sous les déficits et les dettes, et l’Allemagne connaît aussi une crise des finances publiques. La France augmente les impôts, l’Allemagne les diminue. Le marché du travail est rigide d’un côté et presque flexible de l’autre. Le vieux stupide rêve de l’harmonisation européenne hante encore les esprits de nos deux dirigeants. Le Président européen, Herman Van Rompuy, ne devrait pas cautionner les rêveurs.

Le 24 Février 2010

   
 
  

 

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