UKRAINE : RETOUR A LA GRANDE RUSSIE ?


Comme nous le craignions, Viktor Ianoukovitch a remporté le deuxième tour des élections à la présidence de l’Ukraine. Sa candidature était fortement (mais discrètement) soutenue par Vladimir Poutine : le Kremlin ne s’était pas remis de la « révolution orange » qui avait marqué la rupture avec le communisme, mais aussi avec Moscou.

On sait que Poutine n’a jamais accepté la « perte » de l’Ukraine et a exercé une pression permanente, notamment en coupant les approvisionnements en gaz du pays à deux reprises (janvier 2006 et janvier 2009). Coupures qui ont frappé aussi les pays de l’Union Européenne, dont 80% du gaz importé de Russie transite par l’Ukraine. Puisque maintenant les choses sont rentrées « dans l’ordre » à Minsk, le premier souci du nouveau Président a été de signer avec « Gazprom » un accord de cogestion pour le réseau de gazoduc en Ukraine, prévoyant de donner au groupe russe un tiers des parts d’un consortium comprenant aussi Naftogaz, entreprise ukrainienne et des partenaires européens à définir.

Le premier ministre en exercice, héroïne de la révolution orange, mais piètre politicienne, Yulia Tymoshenko, demeure en exercice, puisque la majorité du parlement est de son côté. Elle va continuer à négocier l’entrée de l’Ukraine dans l’Union Européenne, mais ses chances sont bien minces, et sa représentativité bien entamée, en dépit de la faiblesse de l’écart des voix (qu’elle conteste d’ailleurs). Sera-t-elle soutenue par les autres Européens pour empêcher l’Ukraine de faire définitivement retour à la Grande Russie ? Le chantage au gaz est une arme dont Poutine joue avec habileté, il est d’ailleurs en train de monter une autre opération pour domestiquer les Etats baltes. Là encore, l’esprit de Munich hante-t-il les Allemands et les Français ?

 

Le17 Février 2010

   
 

 

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