LE MINIMUM DU SERVICE MINIMUM


Actuellement la CGT soigne ses relations publiques et multiplie ses interventions : la raffinerie de Dunkerque, la mutation des fonctionnaires, la fermeture d’un magasin Pier Import, etc. Et elle a écrit une grande nouvelle page syndicale mercredi dernier avec la grève de la SNCF.

Le motif en était déjà extraordinaire : il s’agissait de protester contre la concurrence « sauvage » que les compagnies privées font à la SNCF pour le fret. Or cette concurrence pour le transport des marchandises est naturelle ; elle avantage la clientèle accédant enfin au droit de choisir son transporteur ferré, et elle s’étend depuis le 1er janvier au transport de voyageurs. L’Etat est accusé d’avoir cédé à Bruxelles, de ne pas payer à leur juste prix les obligations de service public qu’il impose (mais lesquelles ?), et surtout de priver la SNCF des effectifs dont elle aurait besoin pour être compétitive (cela réduirait sans doute les coûts !).

Mais, s’en prenant à l’Etat, la CGT s’en prend aux voyageurs, qui n’y sont pour rien. Le gouvernement et l’UMP (Xavier Bertrand en tête) se sont vantés d’avoir fait maintenir le « service minimum » grâce aux réformes qu’ils ont introduites. Il faut croire que ces Messieurs ne sont pas des habitués des RER, des trains de banlieue, des TER, voire même des TGV. Ils se seraient aperçus mercredi dernier que des centaines de milliers de personnes ont été trompées par les annonces fallacieuses. « Un train sur deux aux heures de pointe » signifie pas de train toute la journée, sauf un train sur quatre pendant deux heures le matin et le soir. Cela n’est-il pas le minimum requis ? Après tout, il y a tellement de chômeurs que le préjudice n’est pas si grand : seuls ceux qui ont un travail ont été empêchés de s’y rendre.

 

Le 10 Février 2010

   
 

 

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