QUI VEUT QUITTER LA ZONE EURO ?


Personne, bien sûr, répond Jose Luis Zapatero : « Personne n’a l’intention de quitter la zone euro. C’est un club fort auquel il vaut mieux appartenir qu’en être à l’écart » (Figeco, 29 janvier). Le Premier Ministre espagnol est bien placé pour se porter garant de son ami grec Georges Papandreou : ils dirigent tous deux un pays dont l’endettement conduit au « déclassement » sur les marchés financiers internationaux. Jean Claude Trichet, président de la BCE, remarque que s’il y a des différences au sein de l’Euroland, les déficits budgétaires y sont autour de 6 ou 7% du PIB, alors qu’Américains et Japonais dépassent les 10% (mais la France est à 8%).

Cet optimisme tranche avec deux chiffres, naturellement liés : d’une part celui du taux exigé des Grecs pour les derniers emprunts qu’ils ont souscrits : autour de 7% (le taux auquel empruntent les Allemands est autour de 3%), d’autre part celui du change contre le dollar, qui est passé en dessous de 1,40 (un euro = 1,40 dollars) alors qu’il était supérieur à 1,50% en décembre 2009, la monnaie européenne s’est ainsi dépréciée de 8% en un mois.

La situation de la Grèce n’est pas près de s’arranger, mais les finances publiques de l’Irlande, l’Espagne et le Portugal sont aussi en mauvaise posture.

Pourquoi leurs partenaires de l’Euroland ne mettraient-ils pas la main à la poche pour apporter des fonds à des taux plus avantageux ? « Ce dont nous avons besoin c’est de renforcer considérablement la coordination au sein de l’eurogroupe », dit Zapatero, tandis que Papandreou évoque des « euro-obligations ». En fait, les statuts de la BCE ne laissent aucune marge de manœuvre. Sollicitées, les fourmis de l’Euroland veulent imposer des mesures drastiques aux cigales. José Manuel Barroso a dénoncé « une combinaison de dérapage budgétaire et de statistiques trompeuses » (Figeco, 3 février).Voilà pourquoi les Grecs sont ouverts aux propositions que leur fait la Chine, dont le fonds souverain est assez important pour intervenir à n’importe quel moment. Mais ce serait une autre façon d’entraîner la sortie des Grecs de l’Euroland, en attendant que d’autres les imitent.

La différence entre l’euro et l’écu est en effet la disparition des monnaies nationales, donc l’impossibilité de décrocher les unes par rapport aux autres, en révisant les « grilles monétaires » comme on le faisait (illégalement !) dans le précédent système monétaire européen. L’Euro ne peut fonctionner que si tous les Etats membres ont la même politique budgétaire et monétaire, et c’est loin d’être le cas aujourd’hui puisque plus de la moitié des pays ne respectent ni la règle des 3% de déficit ni celle des 60% de la dette. L’Euro sans le pacte de stabilisation court à sa perte.

 

Le 10 Février 2010

   
 

 

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