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| CONSTITUTIONNALISER L’EQUILIBRE BUDGETAIRE ? Dans son éditorial, Jacques Garello évoque l’une des idées à la mode dans nos cercles
dirigeants : inscrire dans Quelle
règle ? Le
recours à la constitutionnalisation n’est pas original. Milton Friedman a longtemps
demandé que l’on inscrive la « règle K » dans Cette
régulation monétaire pourrait servir de modèle à la régulation budgétaire. Mais
que doit-on limiter ? Un déficit zéro est ambigu : on peut toujours
arriver à l’équilibre sans freiner les dépenses, il suffit d’augmenter les impôts.
La limitation se ramène donc à l’interdiction de s’endetter. Aussi certains Etats
américains ont-ils préféré pour leurs finances locales prévoir une sorte de règle
k : le volume du budget de l’Etat ne doit pas croître plus rapidement que
le produit annuel brut créé par les ménages et les entreprises de cet Etat. C’est
ce que les Californiens ont décidé avec la fameuse proposition 13, votée par referendum,
qui a été reprise dans 16 autres Etats. En République Fédérale d’Allemagne, l’interdiction
constitutionnelle d’un déficit supérieur à 0,35% du PIB entrera en vigueur à partir
de 2016. C’est ce qui inspire apparemment nos dirigeants, mais il est déjà question
de combiner le montant du déficit avec celui de la dette, et d’exclure du calcul
du déficit certaines dépenses « sanctuarisées » (par exemple, ne pas
toucher à Grenelle ! la planète passe avant la constitution) : une belle
usine à gaz en perspective. Quelle
efficacité ? Le
problème est de savoir si La constitutionnalisation c’est bien, la privatisation et le marché c’est mieux. Pour que la constitutionnalisation soit efficace, il faut réunir de très nombreuses conditions : des gouvernants respectueux de l’état de droit, des citoyens en mesure de réagir avec des procédures démocratiques efficaces comme le referendum d’initiative populaire, et une sanction démocratique réelle pour les manquements à la constitution. Par comparaison, comme il est simple d’équilibrer un budget quand l’Etat occupe une place mineure dans la nation, se contentant d’assurer ses fonctions régaliennes ! Des structures centralisées, un dirigisme économique développé, des sociétés civiles bâillonnées : voilà de quoi ôter la moindre efficacité à la constitutionnalisation.
Le 10 Février 2010
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