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Le premier volet du plan Borloo sur l’environnement,
dit Grenelle I, a été voté par le Sénat à l’unanimité, les communistes se contentant
de s’abstenir. Et c’est ce qui nous inquiète : les socialistes et surtout
les Verts ont voté pour, aux côtés des groupes de la majorité. Que les ayatollahs
de l’environnement, les intégristes de la religion écologique, aient trouvé le
texte bon, voilà qui devrait légitimement alerter tous les libéraux. Les socialistes
soulignent que cette unanimité est « assez rare pour être soulignée »
et vantent « le climat apaisé » du débat : « Nous sommes en
phase avec les objectifs » disent-ils. Quant aux Verts, ils ont parlé de
« réelles avancées ».
Inutile de dire que Jean-Louis Borloo est aux anges :
« Un moment de tendresse dans une vie de brute ». Qu’y a-t-il de si
extraordinaire dans ce Grenelle I ? Une idée générale : « La conviction
que la croissance verte participera à la sortie de crise ». Bien entendu,
s’il y a un marché pour les produits verts, ce sera bon pour l’économie ;
mais ce n’est pas la démarche du Grenelle I : l’écologie n’est vue que du
côté de l’Etat et des réglementations ; or jamais des dépenses publiques,
des impôts ou des réglementations n’ont fait redémarrer une économie.
Si on entre dans le détail, c’est encore pire.
Division (autoritaire) par quatre des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon
2020 (à quel coût ? avec quelles contraintes ?). Norme de 50 kWh/m²
par an pour la consommation d’énergie primaire dans les bâtiments neufs (quel
surcoût pour chacun ? Quelles conséquences économiques
négatives ?). Priorité absolue « aux modes alternatifs à la route et
à l’aérien » : en clair, accentuation de la chasse aux conducteurs et
aux automobiles individuelles. Vive les transports en commun, bientôt obligatoires.
Le texte a même été renforcé, par rapport à celui
du gouvernement, par les sénateurs, « au chapitre de la diversité »
dit Le Figaro, ainsi qu’au « chapitre santé environnement ». Là encore,
sur le principe, cela ne gène personne. Mais qui paiera et combien ? Quelles
conséquences pour notre productivité ? Avec quelle perte de liberté individuelle ?
Il y aura par exemple un carnet de santé du salarié, avant 2012, retraçant « les
expositions aux substances dangereuses durant la vie professionnelle » :
croit-on qu’un carnet de santé obligatoire supprime les risques ? Il ne fait
qu’introduire un peu plus de paperasse administrative.
Mais qu’on se rassure. Si les élus de tous bords
sont ravis (ce qui n’a semble-t-il pas du tout inquiété la droite ; il est
vrai que comme elle propose des textes de gauche, disons socialisants, rien ne
doit l’étonner, sauf peut-être un jour la désaffection de ses électeurs), certaines
organisations encore plus extrémistes, comme Greenpeace ou les Amis de la terre,
veulent aller plus loin dans la socialisation, notamment du transport et du bâtiment.
Qu’ils se rassurent, on y viendra, car il y a encore le Grenelle II à venir. Gageons
qu’on ira plus loin cette fois sur trois terrains : plus d’impôts, plus de
réglementations, plus de collectivisation. On comprend bien que la gauche n’ait
pas envie d’être au pouvoir : la droite mène la politique souhaitée par la
gauche. Pourquoi irait-elle se fatiguer à exercer le pouvoir ? Le 20 février 2009
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