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Après la Guadeloupe,
la Martinique, après la Martinique, la Réunion. La « France du loin »
est agitée par des secousses d’une grande amplitude. Elles sont dans la logique
de l’Etat Providence. Quand la Providence n’est pas assez généreuse, ses clients
se révoltent. Ils savent que leur niveau de vie est décidé à Paris, et non pas
sur leurs lieux de travail. Derrière les évènements
en Guadeloupe, qui ont amorcé ce processus de révolte, il y a eu de bien curieux
comportements et du côté du gouvernement et du côté des insurgés.
En Guadeloupe tout
a commencé par deux grèves. La première a concerné les stations-services, fermées
depuis le 19 janvier, « leurs gérants exigeant, selon Le Figaro, l’arrêt
des nouvelles implantations » : d’où la pénurie totale et parfaitement
artificielle de carburants. Il ne s’agissait évidemment que d’une revendication
purement catégorielle et ponctuelle, pour neutraliser la concurrence, et la baisse
de prix qui doit en résulter. L’autre, la grève générale,
a eu pour objet officiel une protestation « contre la vie chère ». Les
manifestants auraient dû commencer par réclamer plus de concurrence dans la distribution
des carburants. Ils ont préféré demander à l’Etat une baisse immédiate de 50 centimes
du prix des carburants. Ils en ont profité pour créer un collectif regroupant
syndicats et partis politiques, qui a présenté pas moins de 146 revendications,
plus réalistes les unes que les autres. Le collectif (LKP)
exige entre autres la baisse des prix de tous les produits de première nécessité,
une augmentation salariale de 200 euros et le gel des loyers. Autant de mesures
de nature à ruiner définitivement Au bout de dix jours,
la grève avait déjà coûté 130 millions d’euros à l’économie locale. Les touristes
sont repartis ou ont annulé leur venue, alors que le tourisme fait vivre une grande
partie de la population. Un chef d’entreprise fait remarquer que 1% de manifestants
ont mis en péril toute l’économie de Heureusement, le secrétaire
d’Etat est venu avec de bonnes intentions. Il a annoncé « un plan global
avec des mesures exceptionnelles ». Il a commencé par annoncer le versement
d’une prime de 200 euros en avril aux foyers à faible revenu et un gel des loyers
des HLM. Il a tenu un langage viril : « Il y a des dérives incompréhensibles
et inacceptables. Il faut que nous sachions dénoncer les profiteurs, et garantir
aux plus faibles que l’Etat est là pour les protéger. Nous relèverons les prix
tous les quinze jours, sur cinquante produits ». « Seul l’Etat peut
raccommoder la société guadeloupéenne », a ajouté le ministre. Pour faire bonne mesure,
il a appelé « à une redistribution des richesses » : de quoi finir
de ruiner la région. Le lendemain, le père Noël ministériel annonçait la réouverture
de 25 stations service -réquisitionnées- sur 115, puis le gel pour trois ans de
toute nouvelle implantation ! Puis il a promis le bénéfice anticipé d’un
an sur les autres DOM du RSA, pour « donner un revenu » à 61 000 guadeloupéens :
de quoi inciter les autres DOM à manifester pour obtenir la même chose ; cela
n’a pas tardé, trois jours plus tard, cela commençait à bouger en Martinique.
Le lendemain, le ministre « offrait » 40 000 billets d’avions aller-retour
pour la métropole à 340 euros (moins cher qu’un Marseille-Nantes). Enfin il a
obtenu des grandes surfaces, en faisant les gros yeux, une baisse de 10% des prix
des produits de base. Quelle autorité ! Le 18 février 2009
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