AZNAR : LE LIBERALISME POUR SORTIR DE LA CRISE


C’est un grand bol d’air frais qu’ont bu les lecteurs du Figaro, avec l’entretien accordé par José Maria Aznar à ce journal. L’ancien premier ministre espagnol était en effet à Paris à l’occasion d’un colloque sur le 60° anniversaire de l’OTAN. Son discours tranche un peu avec les délires étatistes et keynésiens qui ont semblé toucher la quasi-totalité du monde politique.

Bien entendu, on lui demande : « La crise économique ne signe-t-elle pas l’échec du libéralisme ? ». La réponse fuse : « Ce n’est certainement pas l’échec du libéralisme, mais l’échec des mécanismes actuels de régulation et d’intervention de l’Etat dans un secteur qui est pourtant déjà très régulé, le système bancaire. C’est comme en politique. Lorsqu’on élit un mauvais gouvernement, cela ne remet pas pour autant en cause la démocratie ».

Mais que faut-il faire alors pour sortir de la crise ? « Nous avons l’obligation de sauver les banques, car, sans un système financier solide, il n’y a plus d’économie qui tienne » Thème hélas à la mode chez la plupart des libéraux, nous pensons pour notre part qu’il n’y a aucune raison de renflouer des entrepreneurs qui n’ont pas su accomplir leur mission, ils doivent être sanctionnés pour leurs erreurs de gestion. Il existe assez de banquiers et de financiers de qualité pour reprendre en mains les affaires ou pour réemployer le personnel.

Mais revenons au reste du discours : « Mais il faut surtout faire des réformes économiques. Plus de flexibilité et de liberté dans l’économie, moins de taxes, moins de dépenses, plus de stabilité budgétaire, moins d’intervention de l’Etat ». On le voit, on est assez loin des relances par les dépenses publiques. On lui pose d’ailleurs la question : « Mais les Européens ne sont-ils pas en train de faire le contraire ? ». « Exactement. Et c’est bien pour cela que je suis convaincu que les Etats-Unis sortiront de la crise avant l’Europe ».

Le reste, concernant la politique étrangère par exemple, est courageux et mérite d’être cité : « Les Européens doivent-ils renforcer leur présence en Afghanistan comme le demande Barack Obama ». « Oui, ils le doivent, car on ne peut pas être dans une Alliance, réclamer les bénéfices de la sécurité, et ne pas y apporter sa contribution. Pourtant, je ne crois pas que les Européens vont répondre favorablement à cette demande ». Non seulement il a de bonnes idées, mais encore il est lucide.

Faut-il faire revoter l’Irlande, qui a rejeté le traité européen ? « Je ne crois pas que ce soit une bonne chose de faire revoter un pays qui a dit non, jusqu’à ce qu’il dise oui ». Enfin, faut-il avoir peur d’Obama ? « Je ne pense pas qu’il y ait de changement radical, même si le nouveau président a fait naître beaucoup d’attentes. Les menaces qui pèsent sur le monde en général et sur les Etats-Unis en particulier, sont les mêmes pour Barack Obama que pour George W. Bush (…) En Europe, beaucoup croient que les Américains ont élu un anti-américain à la présidence des Etats-Unis. C’est une erreur. Barack Obama est un Américain convaincu, attaché aux valeurs et à l’histoire des Etats-Unis ».

Pouvons-nous faire une suggestion ? Si, ce qui est loin d’être certain, le traité européen était finalement ratifié par les Irlandais, les Tchèques et les Polonais, puisqu’il prévoit un président européen stable, et que beaucoup lorgnent déjà sur le poste, avant même qu’il n’existe, pourquoi ne pas proposer la candidature de José Maria Aznar : libéral en économie, pro-atlantiste en matière de politique étrangère, nous voulons bien voter pour lui, du moins si on demande leur avis aux citoyens européens. Ce qui est peu probable.


Le 11 février 2009

 

   
 
   

 

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