![]() | |||||||||||||||
|
Les universités françaises sont pauvres,
et c’est vrai, notamment parce que l’on ne veut pas que les étudiants
financent leurs études (toujours la gratuité, alors qu’il y a forcément
quelqu’un qui paye) et parce que l’on a longtemps refusé les financements
privés (fondations, dons d’anciens élèves, partenariats). Ce dernier
point est en train de changer et, en particulier dans le plan campus,
le gouvernement a compris que l’on pouvait faire financer les constructions
de bâtiments par le secteur privé, qui allait ensuite les louer à
l’Etat, qui en récupérera à la fin la propriété, un peu comme pour
les concessions d’autoroutes. Les universités pourraient aussi mieux
rentabiliser leurs locaux, les louer occasionnellement, les occuper
toute l’année, etc. A quoi sert, pour l’université de Nanterre, le
fait d’avoir la plus grande salle de cinéma du département ? Mais les universités pourraient aussi commencer
par se débarrasser d’un patrimoine inutile et coûteux. L’exemple de
Paris, cité par Le Figaro, est représentatif : ce journal parle
d’un « étonnant patrimoine » et d’un inventaire à Que trouve-t-on dans cette liste ?
Plus de 60 biens importants, comme la belle villa Finaly à Florence
(XV° siècle), le domaine de Richelieu en Indre et Loire, 63 appartements
bien placés, rue de Lille ou rue Jacob, le domaine de Ferrières en
Seine-et-Marne, des vignes, une forêt dans les Landes, deux propriétés
sur l’île de Bréhat. Ce dernier cas est intéressant, car l’une sert
à accueillir gratuitement des étudiants de la cité internationale
universitaire pour des séjours d’été, et l’autre est utilisée par
des cadres administratifs, pour d’agréables vacances. Il y a aussi
des vignes à Banyuls ou encore l’ancienne station zoologique russe
de Villefranche sur Mer. Tout cela ne sert à rien, sauf à quelques
privilégiés de la fonction publique et cela coûte fort cher à entretenir.
Certes, il faut tenir compte dans certains cas des clauses restrictives
d’affectation posées par les donataires, mais ce qui compte c’est
d’en respecter l’esprit, c'est-à-dire que la valeur des biens serve
aux universités, plus que le bien lui-même, dont elles n’ont rien
à faire en général, du moins sur le plan enseignement et recherche.
L’université n’a pas à financer des résidences de vacances. Les universités
parisiennes ont déjà assez à faire avec les 272 sites universitaires
utilisés, soir 22 en moyenne par université : un beau gaspillage
de moyens en raison de cette dispersion. 272 sites à surveiller, faire
fonctionner, chauffer, etc. Madame Pecresse vient donc de réagir, enfin,
et elle propose de vendre ces biens, parfaitement inutiles. C’est
très bien. Elle veut financer avec cet argent des projets de vie étudiante :
logement, restauration équipements sportifs. C’est une bonne idée.
On peut cependant être surpris de voir que c’est le ministre qui décide
du bon usage de cet argent : on croyait les universités autonomes ;
on a dû mal comprendre. Par ailleurs, si nous n’avons rien contre
la vie étudiante et ses loisirs, il nous semblait que l’on aurait
pu avec profit utiliser cette manne pour l’enseignement et la recherche.
Manifestement, il est plus important de contenter les syndicats étudiants.
| |||||||||||||||